A Lesbos, Ban Ki-moon rappelle l'obligation morale du monde envers les réfugiés

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Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, et un groupe d’enfants réfugiés à Mytilène sur l’île de Lesbos, en Grèce. Photo: ONU/Rick Bajornas

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est rendu samedi sur l’île grecque de Lesbos, point d’arrivée de nombreux réfugiés et migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, et a rappelé que le monde entier avait une "obligation morale" envers eux.

"Aujourd’hui, j’ai rencontré des réfugiés de certains des endroits les plus tourmentés du monde. Ils ont vécu un cauchemar. Et ce cauchemar n’est pas terminé. Mais ici, à Lesbos, ils ont trouvé un endroit loin de la guerre et des persécutions", a dit M. Ban lors d’un point de presse.

Le Secrétaire général a félicité les autorités grecques, la population de Lesbos et la communauté humanitaire pour leur "réponse extraordinaire" face à l’arrivée de ces réfugiés.

Il a rappelé que l’ONU faisait tout son possible pour mobiliser le soutien de la communauté internationale mais a noté que la situation des réfugiés s’aggravait. "Chaque jour à travers le monde, des milliers de familles continuent de fuir leurs maisons. Chaque mois, 450 personnes meurent en mer Méditerranée", a-t-il dit.

"La communauté internationale doit faire plus pour résoudre les conflits et répondre aux facteurs qui causent tant de souffrances et de bouleversements", a ajouté le chef de l’ONU. "Nous devons également lutter ensemble contre la fermeture des frontières, les barrières et le racisme. Je demande aux pays d’Europe de répondre avec une approche humaine et fondée sur les droits humains. La détention n’est pas la réponse. Il faut que cela cesse immédiatement".

Ban Ki-moon a plaidé pour des efforts communs permettant de réinstaller plus de personnes, de fournir des voies légales, et de mieux intégrer les réfugiés.

Il a remercié les pays qui sont à la pointe de ces efforts, en particulier les pays en développement qui accueillent 90% des réfugiés dans le monde.

"Il est temps pour le monde de partager pleinement cette responsabilité.C’est notre obligation politique et morale. C’est notre impératif humanitaire", a-t-il conclu.

Plus tôt dans la journée, le Secrétaire général de l’ONU se trouvait à Athènes où il a rencontré notamment le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Lors d’un point de presse à l’issue de cette rencontre, M. Ban a noté que "malgré ses propres difficultés économiques, la Grèce a été généreuse en sauvant des vies".

"La Grèce mérite notre admiration. Elle mérite un plus grand soutien. La Grèce ne devrait pas se retrouver seule à affronter ce défi", a-t-il ajouté.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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12/12/2017
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