Thaïlande : inquiétudes du Conseil des droits de l'homme sur les restrictions à la la liberté d'expression

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Lors de l'examen du rapport de la Thaïlande à la 25e session Groupe de travail sur l'Examen périodique universel, des pays ont demandé à Bangkok de cesser de placer des civils en détention dans des installations militaires. Ce mercredi à Genève, certains pays ont noté que depuis le coup d'État, le Conseil national pour la paix et l'ordre avait rendu des ordonnances visant essentiellement à restreindre la liberté de la presse et la liberté d'expression. Il s'agit notamment de ces individus arrêtés pour avoir exprimé leur opinion et sanctionnés avec la stricte application de lois « trop vagues » relatives au crime de lèse-majesté. Un examen de la situation des droits de l'homme en Thaïlande à l’approche d’un référendum sur un nouveau projet de Constitution prévu pour le mois d’août.

 

Les pays membres du Conseil des droits de l'homme avaient des questions à poser à la Thaïlande lors de cette vingt-cinquième session du Groupe de travail sur l'Examen périodique universel. Des interrogations concernant les conséquences des lois d'exception appliquées en réaction à l'insurrection armée dans les provinces frontalières du Sud. Des préoccupations  sur ce climat d’intimidation des autorités de la junte militaire à propos d’une série d’affaires de lèse-majesté dans ce royaume d’Asie du sud-est. Inquiétudes également sur les restrictions à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique qui se sont traduites par un harcèlement sans relâche des organisations de la société civile. Sans oublier ces ordonnances visant à restreindre la liberté de la presse.

Le Secrétaire permanent du Ministère de la Justice et Chef de la délégation thaïlandaise à Genève admet qu'il y a eu certaines préoccupations exprimées quant aux restrictions à la liberté d'expressions. Charnchao Chaiyanukij estime que ces limitations ont été introduites à un niveau nécessaire pour  maintenir l'ordre public et empêcher une polarisation accrue de la société. Et le défi, selon Bangkok, est de maintenir un juste équilibre entre la promotion de la réconciliation, la pleine protection des droits humains et la nécessité de restreindre certains droits et libertés. Si la Thaïlande réitère son attachement à l'état de droit, elle précise enfin que  la loi sur le crime de lèse-majesté fait partie du Code pénal, une loi qui protège la réputation de la famille royale.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Charnchao Chaiyanukij, Secrétaire permanent du Ministère de la Justice)

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20/10/2017
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