Syrie : les préalables d'une reprise des pourparlers et les options de l'ONU sur le plan humanitaire

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Des bâtiments touchés par les obus lors d'un bombardement de la ville de Homs en Syrie. Photo ONU/David Manyua

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura s’est montré optimiste sur la possibilité d’une reprise des pourparlers à condition cependant que de progrès tangibles sur la cessation des hostilités et la livraison de l'aide surtout dans les zones assiégées de Syrie soient notés. « Sans une amélioration sur le plan humanitaire et la restauration de la cessation des hostilités, la crédibilité de la prochaine session des pourparlers de paix sera remise en question », a déclaré Staffan de Mistura. Mais le diplomate italo-suédois a réaffirmé sa volonté de voir se poursuivre les discussions intersyriennes, interrompues en avril, mais espère annoncer prochainement la bonne date. Et les Nations Unies n'écartent plus l'idée de tenir ces pourparlers même durant le ramadan.

 

« Notre respect pour le ramadan est énorme, fait remarquer Staffan de Misrtura lors d'un point de presse ce jeudi à Genève. Et donc, on est tout à fait conscient que le ramadan a une influence dans cette région en particulier. Mais vous avez tout à fait raison. Si les gens sont prêts à combattre et se tuer pendant le ramadan, je ne vois aucune raison pour lesquelles on ne pourrait pas des gens fidèles qui puissent parler pendant le ramadan. Donc la question du ramadan est cruciale au commencement et à la fin, et on doit donner du respect et en même temps, continuer les pourparlers ».

Il faut juste rappeler qu'à l’occasion d’une réunion du Groupe international de soutien pour la Syrie (GISS) mardi à Vienne, l’ONU et ses partenaires ont réitéré l’objectif d’un accord entre les parties prenantes d’ici au 1er août sur une véritable transition politique, qui inclurait un organe gouvernemental de transition large, inclusif, non-confessionnel et ayant les pleins pouvoirs exécutifs. Ils ont également réitéré leur détermination à « renforcer » la cessation des hostilités qui a été remise en cause ces dernières semaines par une escalade de la violence.

Sur le plan humanitaire, l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie n'écarte plus en « dernier recours » l'option de ponts aériens et de largages de vivres pour toutes les zones dans le besoin dans ce pays si aucune amélioration n'est notée dans l'accès humanitaire d'ici au 1er juin. Malgré les objections de Damas, Staffan de Mistura entend adopter cette option déjà relayée mardi dernier à Vienne par le Groupe international de soutien pour la Syrie (GISS) qui s'était préoccupé de la situation humanitaire dans les zones assiégées mentionnées en Syrie.

Au total, près de 800.000 habitants des régions syriennes difficilement accessibles ont reçu de l’aide humanitaire depuis le début de 2016. Cette aide a été livrée à la suite d'une soixantaine de convois inter-agences et 35 ponts aériens menés par le Programme alimentaire mondial (PAM). Mais l'objectif affiché par l’ONU reste de fournir de l’aide humanitaire aux 4,6 millions de personnes habitants dans des régions syriennes difficilement accessibles et assiégées.

(Extrait sonore : Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie)

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18/10/2017
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