RDC: l'ONU demande « d’autoriser » les marches de jeudi

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Une vue du centre ville de Lubumbashi. Photo: Radio Okapi

Le 11 mai dernier, le Chef de l’Etat a reçu l’aval de la Cour constitutionnelle pour rester en poste au-delà du terme de son mandat, le 19 décembre, si la présidentielle n’est pas organisée d’ici là. Suite à cet arrêt de la Haute Cour de République démocratique du Congo (RDC), trois coalitions de l’opposition appellent à manifester demain jeudi 26 mai pour dénoncer cette décision de la Cour constitutionnelle.

C'est dans ce contexte que le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a demandé au gouvernement congolais « d’autoriser » les marches de jeudi « et de veiller à ce que les forces de l’ordre n’aient pas recours à un usage inutile ou excessif de la force lors de ces manifestations ».

Les services du Haut-Commissaire Zeid confirment avoir reçu des informations faisant d'une organisation par des membres de l’opposition, de manifestations ce jeudi 26 mai pour exprimer leur mécontentement. « Compte tenu du climat inquiétant, nous demandons au gouvernement d’autoriser le déroulement de manifestations pacifiques et de veiller à ce que les forces de l’ordre n’aient pas recours à un usage inutile ou excessif de la force lors de ces manifestations », fait ainsi remarquer le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme (HCDH).

L’institution onusienne a également demandé aux autorités congolaises d’engager un dialogue constructif avec l’opposition et de veiller à ce que les droits de tous les Congolais à participer aux affaires publiques de leur pays soient respectés, plutôt que de chercher à supprimer la dissidence. « Le gouvernement doit veiller à ce que les libertés de réunion pacifique, d’association, d’expression et le droit de tous les acteurs à participer aux affaires publiques, quelle que soit leur appartenance politique, soient pleinement respectés », ont insisté les services du Haut-Commissaire Zeid.

Hier mardi, le Haut-Commissariat a dit sa « préoccupation » face à « la pression exercée sur l’opposition et la société civile » en RDC, en rappelant la hausse des « violations des droits de l’Homme liées à l’exercice des libertés d’expression, de réunion pacifique et d’association » documentées par l’ONU depuis le début de l’année. « Rien qu’entre janvier et avril de cette année, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a documenté 216 violations des droits de l’homme liées à l’exercice des libertés d’expression, de réunion pacifique et d’association, y compris des arrestations et détentions arbitraires, la perturbation de réunions de la société civile et de l’opposition, et des mauvais traitements envers des manifestants ».

Vendredi dernier, trois militants de LUCHA (Lutte pour le changement), un groupe de la société civile, ont été condamnés pour incitation à la désobéissance civile, diffusion de fausses nouvelles et atteinte à la sûreté de l’Etat. « Nous sommes préoccupés par la pression exercée sur l’opposition et la société civile, et nous demandons à la justice de se conformer aux principes de procès équitable et de résister à toute ingérence politique », a déclaré M. Colville.

Par ailleurs, le 21 mars de cette année, le Ministre congolais de la justice et des droits humains a annoncé que sur les 22.000 organisations non-gouvernementales (ONG) dans le pays, seulement 63 ont satisfait à la règlementation nécessaire. Il a indiqué que les ONG, internationales et congolaises, qui ne régularisent pas leur situation ne seront pas autorisées à opérer en RDC. Deux candidats de l’opposition à l’élection présidentielle ont également été victimes de harcèlement, l’un d’eux faisant l’objet de poursuites judiciaires.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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15/12/2017
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