Raids sur un camp de déplacés en Syrie: un haut responsable de l’ONU dénonce un crime de guerre

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Des enfants jouent dans un camp de personnes déplacées, dans la province d'Idlib, au nord de la Syrie. Photo : OCHA

Les condamnations se multiplient après les raids aériens qui ont frappé hier deux camps de déplacés internes hier à Sarmada, dans le nord-ouest de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie. Le bilan fait état d'une trentaine de morts dont des enfants et de dizaines de blessés. Le Chef des droits de l'homme de l'ONU n’y va pas avec le dos de la cuillère et qualifie d'ailleurs ces d'« odieux » ces bombardements. Zeid Ra’ad al Hussein dénonce un crime de guerre.

 

Zeid Ra’ad al Hussein parle d’un crime de guerre qui semble avoir été commis délibérément. « Ces campements de tentes étant installés sur place depuis plusieurs semaines et faciles à voir du ciel, il est extrêmement improbable que ces attaques meurtrières soient accidentelles. Il est beaucoup plus probable qu'elles aient été délibérées et constituent un crime de guerre», a affirmé le Haut-Commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein, dans un communiqué rendu public ce vendredi à Genève.

Le Haut-Commissaire souligne que « des rapports préliminaires suggèrent que ces attaques ont été menées par le gouvernement syrien », mais considère que « ces informations restent à vérifier ». Dans tous les cas, le Haut-Commissariat « et d'autres organisations mettront tout en œuvre pour mener des recherches et consigner des preuves sur ce qui semble être un crime particulièrement odieux et calculé contre un groupe extrêmement vulnérable de personnes, dont la plupart ont été forcées de fuir leur foyer à Alep en février dernier en raison d'attaques aériennes incessantes.»

D’après l’ONU, quelque 30 civils, dont des enfants, ont péri lors de cette attaque, des dizaines de civils ont été blessés, et de nombreuses tentes ont aussi été entièrement détruites.

Par ailleurs, le Chef des droits de l'homme de l'ONU se dit aussi « alarmé par les derniers développements dans la prison centrale de Hama où une émeute a eu lieu le 1er mai, après que les autorités aient, selon des rapports, tenté d’extraire cinq détenus pour les emmener vers la prison bien connue de Saydnaya, où il aurait été prévu de les exécuter ».  Des détenus ont pris le contrôle d’une partie de la prison et détiennent des gardes en otage, selon l’ONU qui assure aussi que les autorités ont coupé l’alimentation en eau et en électricité.

« Des forces de sécurité lourdement armées entourent la prison et nous craignons qu’un assaut potentiellement meurtrier ne soit imminent. Des centaines de vies sont en jeu et j’exhorte les autorités à avoir recours à la médiation, ou à d’autres alternatives, plutôt qu’à la force », déclare le Haut-Commissaire.

En conclusion, Zeid Ra’ad al Hussein a réitéré son appel à la saisine par le Conseil de sécurité de la Cour pénale internationale (CPI) sur le cas syrien. « J'exhorte ceux parmi les gouvernements siégeant au Conseil de sécurité qui n'ont cessé de bloquer la saisine de la CPI sur le cas syrien à être à la hauteur des responsabilités associées au fait d’en être membre. Ils devraient référer la situation en Syrie à la CPI, de manière à ce qu'un chemin clair soit établi vers la sanction des personnes qui commettent de tels crimes et vers une certaine forme de dissuasion pour ceux qui envisagent d'en perpétrer d'autres. »

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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