Protégeons les oiseaux migrateurs de l'abattage, du prélèvement et du commerce illégaux

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Photo: UNEP

Afin que les générations futures continent de bénéficier de nos ressources naturelles, les gouvernements ont adopté des lois, tant nationales qu'internationales, en vue d'assurer leur durabilité, protégeant les animaux sauvages, y compris les oiseaux migrateurs, en limitant ou en interdisant leur exploitation. La protection des oiseaux migrateurs est coordonnée au niveau international depuis le début du vingtième siècle. Les oiseaux migrateurs étaient autrefois synonyme d'abondance et considérés comme un don du ciel. De tout temps, l'homme a chassé les animaux sauvages pour diverses raisons – moyens de subsistance, activités récréatives – et par le passé ces pratiques étaient menées à une échelle écologiquement durable. Dans de nombreux cas, toutefois, cela n'est plus vrai.

Le long de la côte nord de l'Afrique, des filets tuent chaque année des millions d'oiseaux – et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Les méthodes utilisées et le nombre d'oiseaux tués ont changé de façon impressionnante, et la survie des espèces visées, qui subissent beaucoup d'autres pressions comme la perte ou la détérioration de leurs habitats, est mise en péril. Dans de nombreux pays, il existe une législation rigoureuse et des mécanismes sont en place pour la faire respecter ; dans d'autres, les règlements ne sont pas suivis et les autorités manquent de ressources ou n'ont pas la volonté de les faire appliquer correctement sur le terrain. Pour mettre un frein à la disparition des oiseaux migrateurs autrefois communs, par exemple la linotte, dont la population a diminué de moitié depuis 1980, ou les oiseaux des champs qui ont perdu 300 millions d'individus en Europe durant la même période, il faut sensibiliser le public à l'urgence de la menace que représentent l'abattage, le prélèvement et le commerce illégaux. Les comportements doivent changer et nous ne pouvons plus nous permettre de fermer les yeux sur ceux qui enfreignent la loi et mettent en danger notre patrimoine naturel commun.

Il y a maintes raisons à l'abattage, au prélèvement et au commerce illégaux des oiseaux : moyens de subsistance, activités récréatives, crime organisé, pratiques traditionnelles, etc.  Elles varient d'un pays à l'autre, d'une région du monde à l'autre, selon ce qui a été défini comme étant légal ou illégal, si tel est le cas. Dans certains pays, l'absence de réglementation à ce sujet est le problème, tandis que dans d'autres, c'est leur mise en application qui doit être améliorée. Les activités illégales n'affectent pas seulement les populations d'oiseaux, elles portent aussi atteinte à la société en général, à nos ressources naturelles et à notre existence même. La conservation, l'agriculture et le secteur du tourisme pâtissent tous de leurs effets négatifs. La chasse autorisée est également affectée par ces activités illégales : malgré le rôle que jouent les chasseurs en assurant la durabilité des moyens de subsistance et des habitats, ils voient leur réputation menacée par l'abattage illégal. En même temps, ailleurs dans le monde, ces activités illégales sont socialement largement acceptées et persistent donc. Tant à l'échelon national que local, l'application des lois est l'élément moteur qui aide à protéger les oiseaux migrateurs, pas seulement en un lieu mais tout le long de leurs voies de migration.

La coopération et la sensibilisation doivent être renforcées afin de lutter contre l'abattage illégal.  Travaillons ensemble pour protéger les oiseaux migrateurs de l'abattage, du prélèvement et du commerce illégaux !

(Interview: Jacques Trouvilliez, Secrétaire exécutif de l'AEWA, l'Accord pour la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie; propos recueillis par Florence Westergard)

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20/10/2017
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