Peuples autochtones: régler les conflits avec les gouvernements pour une pleine reconnaissance

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15ème session de l’Instance permanente des peuples autochtones.(Photo: ONU /Rick Bajornas)

Les Touaregs, les Nagas et autres premières nations de la Colombie, de l'Indonésie, du Guatemala et du Canada ont réclamé cette semaine dans le cadre de la 15eme session de l'Instance permanente sur les questions autochtones la résolution des conflits qui les oppose à leur gouvernement.

Anita Isaacs, une chercheuse de « Haverford College » qui a participé à la séance, a prédit un processus « émaillé de difficultés ».

Selon elle, il serait plus juste de parler de « conciliation » que de reconciliation car la cette dernière ignore la gravité des défis qu'une société post-génocide doit relever et le fait que le génocide est enraciné dans une histoire coloniale et postcoloniale marquée par un racisme profond.

La conciliation, a-t-elle expliqué , tend vers un changement radical, un projet transformateur de la nation ancré dans une vision radicalement démocratique et au minimum, inclusif, égalitaire, participatif et autonome.

La réalisation d'une telle ambition est « émaillée de difficultés » parce qu'il s'agit de reconnaître les autochtones comme des sujets de droits, d'obtenir que les femmes soient reconnues comme leaders politiques, d'admettre que les communautés autochtones ne sont pas politiquement et socialement homogènes et de bénéficier du concours d'une société civile unie.

L'ambition est difficile à atteindre parce qu'elle exige aussi des négociateurs qu'ils reconnaissent les torts causés par leurs pères et leurs mères pendant des siècles.

L'experte maintient que "la conciliation, ce n'est pas le pardon. C'est plutôt, l'activation de la mémoire politique dans un processus douloureux, laborieux et incertain visant à édifier une nation nouvelle, égalitaire et viable".

Nous avons eu l'occasion de recevoir Anita Isaacs dans nos studio. Elle revient sur les propos qu'elle a tenu et cite l'exemple du Guatemala a l'appui.

(Interview: Anita Isaacs, professeur de sciences politiques de Haverford College; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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14/12/2017
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