Méditerranée : les ressortissants d'Afrique subsaharienne choisissent les côtes siciliennes

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Un jeune homme sur une civière sort d'un navire de garde-côtes italien qui a secouru des migrants en mer Méditerranée (photo d'archive, avril 2015). Photo HCR/F. Malavolta

Depuis la fermeture de la route des Balkans et l'accord signé entre l'Union européenne et la Turquie, les migrants cherchent de nouvelles voies vers l'exil.  Même si la route via la Libye est considérée comme plus longue et plus périlleuse, la traversée de la méditerranée en direction de l'Italie reste la plus prisée surtout pour les ressortissants de l'Afrique subsaharienne. Une traversée qui n'est pas sans danger.  Selon les dernières statistiques de l'Organisation internationale pour les migrations, 1.357 migrants ont péri en mer au cours des quatre premiers mois de l'année dont 376 décès sur la route maritime orientale grecque et 980 personnes portées disparues sur la route maritime centrale de l’Italie.

 

« Le dernier bilan de morts s'élève à 1 357. En comparaison, le nombre de décès en fin avril  de l'année dernière, tous itinéraires méditerranéens confondus, s'élevait à 1 733. En d'autres termes, 2015 a été une année bien plus meurtrière pour les migrants et les réfugiés traversant la Méditerranée, avec en moyenne un décès pour 28 arrivées, par rapport à un décès pour 137 arrivées cette année.

En outre d'après l'OIM, au 8 mai, plus de 187.600 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le début de l'année, notamment en Italie, en Grèce, à Chypre et en Espagne.

Dans ce lot, 2.800 nouveaux arrivants ont été enregistrés au cours des cinq derniers jours, la quasi-totalité d’entre eux sont en Italie. Si depuis le début de l'année, plus 155.000 migrants et les réfugiés ont tenté la traversée de la Turquie vers les îles de la mer Égée, seule une centaine d'arrivées sont signalées durant le  week-end en Grèce.

Sur les 31.000 arrivées enregistrées sur les côtes siciliennes, plus de 20.000 sont originaires d'Afrique subsaharienne. A cet égard, le nombre de Guinéens (2124) et d'Ivoiriens (2242) a ainsi quadruplé par rapport à l'année dernière alors que l'arrivée de Nigérians (4311) en Italie a pratiquement doublé ».

Les autres nationalités subsahariennes tentant la traversée méditerranéenne via les côtes libyennes sont les ressortissants du Sénégal (1985), du Mali (1914) et du Soudan (1505). Par contre, l'OIM note que la route méditerranéenne via la Libye est très peu prisée par les réfugiés syriens, iraquiens et afghans. L'année dernière, les ressortissants de ces trois pays représentaient plus de 90% des arrivées de réfugiés et migrants en Grèce.

(Extrait sonore : Joel Millman, porte-parole de l'OIM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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