Le Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine appelle à respecter pleinement les accords de Dayton

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Le Haut Représentant des Nations Unies pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko (à droite), au Conseil de sécurité. Photo ONU

A l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la Bosnie-Herzégovine, le Haut-représentant de la communauté internationale dans ce pays, Valentin Inzko, a noté jeudi le bilan mitigé de la situation dans le pays au cours des six derniers mois, appelant les parties à respecter pleinement les accords de paix de Dayton.

S’exprimant face aux 15 membres du Conseil, M. Inzko a noté que, le 15 février dernier, la Bosnie-Herzégovine a franchi une étape historique en se portant candidate à l’adhésion à l’Union européenne (UE).

Le Haut-représentant a donné l’assurance à la Bosnie-Herzégovine du soutien de la communauté internationale dans ses aspirations européennes. Il a toutefois noté que le pays devra entreprendre des transformations importantes pour être en mesure d’adhérer à l’UE.

« Ce qui attend la Bosnie-Herzégovine sera sans aucun doute une période difficile, mais c’est une période que le pays pourra gérer si les parties travaillent de concert et respectent pleinement les accords de paix de Dayton » du 14 décembre 1995, a déclaré M. Inzko, insistant sur le fait que le respect de ces accords sera la condition sine qua non de la stabilité et du développement du pays.

En plus de cela, a-t-il ajouté, les dirigeants du pays doivent faire preuve de volontarisme politique en mettant en œuvre un programme de « réformes sérieuses et accélérées » afin de garantir l’état de droit, d’attirer les investissements privés et de créer des emplois.

Le Haut-représentant a toutefois dit que le bilan des six derniers mois dans le pays reste mitigé. Si la demande d’adhésion à l’UE et le début de mise en œuvre d’un programme de réforme, y compris concernant le droit du travail, sont des signes positifs, il a toutefois pointé la lenteur de ce processus de réforme.

M. Inzko a salué « le fait que les autorités de la Republika Srpska n’aient pas pris de mesures supplémentaires pour organiser un référendum concernant l’autorité de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine, du bureau du procureur et du Haut-Représentant, ce qui constituerait une violation flagrante de l’Accord de paix ».

Cependant, il a noté que certains acteurs politiques continuent d’appeler à l’organisation d’un autre « référendum sur la validité d’un arrêt récent de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine ».

« Dans ce contexte, je dois souligner que l’Accord de paix stipule explicitement que les décisions de la Cour sont définitives et obligatoires », a-t-il dit.

Le Haut-Représentant a par ailleurs salué les efforts des autorités du pays pour remplir les conditions préalables à l’activation d’un Plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN et à la fermeture du Bureau du Haut-Représentant. Il a demandé aux dirigeants de la Republika Srpska d’entreprendre des démarches identiques, à plus forte raison qu’elles souhaitent la fermeture du Bureau du Haut-Représentant.

En dépit de ces évolutions positives, M. Inzko a déploré le fait que certains acteurs politiques contestent l’Accord de paix et tentent de saper la souveraineté et l’autorité de l’Etat et de ses institutions, au détriment des réformes économiques et sociales.

« Je saisis également cette occasion pour rejeter la thèse selon laquelle l’équité dans la justice transitionnelle signifie qu’un nombre égal de criminels de guerre issus de différents groupes ethniques soient poursuivis », a déclaré le Haut-Représentant, appelant à rechercher la justice pour toutes les victimes sans faire appel à un principe de parité ethnique.

M. Inzko a par ailleurs fait part de son inquiétude face à la politique menée par les représentants du parti au pouvoir en Republika Srpska, en particulier son Président, « pour plaider en faveur de la sécession de cette entité de la Bosnie-Herzégovine ».

« Dans ce contexte, je reste préoccupé par le fait que la plate-forme officielle de ce parti brandisse la menace d’organiser un référendum d’indépendance en 2018, si certaines conditions ne sont pas remplies », a ajouté le Haut-Représentant, précisant que cela serait contraire aux accords de Dayton.

« Interroger et remettre en cause les principes fondamentaux de l’Accord de paix ne constitue par un gage de succès », a-t-il déclaré.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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08/12/2017
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