Journée des Casques bleus : Ban Ki-moon rend hommage à « ceux qui sont morts pour que d'autres puissent vivre »

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Un casque et des gilets de protection de Casques bleus. Photo ONU/Marie Frechon

A l’occasion d’une célébration jeudi de la Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a rendu hommage aux plus de cent soldats de la paix morts dans l’exercice de leur fonction l’an dernier, soulignant la difficulté croissante des opérations de maintien de la paix.

« Aujourd’hui, nous nous réunissons en ce lieu de mémoire pour déposer une gerbe en l’honneur des hommes et femmes courageux qui sont morts en servant sous la bannière des Nations Unies », a déclaré M. Ban lors d’une cérémonie au siège de l’ONU à New York, rendant hommage, pour la huitième année consécutive, aux Casques bleus ayant perdu la vie durant l’année écoulée. Cette cérémonie a eu lieu cette année dix jours avant la date officielle de cette Journée, célébrée chaque année le 29 mai.

« L’an dernier, 129 soldats de la paix issus de 50 pays ont perdu la vie en raison d’actes de malveillance, d’accidents et de la maladie. C’est la 12ème fois en 13 ans que plus de 100 Casques bleus sont tombés en l’espace d’une année, rapprochant tragiquement le nombre total des morts depuis 1948 des 3.500 personnes », a ajouté M. Ban.

Depuis leur création en 1948, les opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont devenues l’un des outils dont dispose la communauté internationale pour gérer des conflits qui menacent la paix et la sécurité internationale. A ce jour, 71 opérations de maintien de la paix ont été mises en place et plus d’un million de militaires, de civiles et de policiers ont porté l’uniforme des Nations Unies. A l’heure actuelle, plus de 124.000 militaires, policiers et civils sont déployés au sein de 16 opérations de maintien de la paix sur quatre continents.

« Le maintien de la paix devient de plus en plus dangereux. Trop souvent, notre personnel est pris pour cible par des groupes armés, fauteurs de troubles et des terroristes. Dans certaines régions où l’ONU opère, notre drapeau bleu est passé de bouclier à cible », a regretté M. Ban, rappelant que, le 12 février dernier, des terroristes ont attaqué la base de l’ONU de Kidal, au Mali.

« Lorsque les tirs ont cessé, sept de nos soldats étaient morts et 30 autres blessés », a-t-il dit, avant d’ajouter que, la veille, mercredi 18 mai, cinq autres soldats de la paix ont été tués et un certain nombre blessés, toujours au Mali.

Le chef de l’ONU a souligné que les soldats de la paix qui ont perdu la vie l’an dernier ont travaillé dans le cadre de missions difficiles où les progrès dans les processus de paix et de réconciliation sont souvent trop lents.

« Mais leurs efforts héroïques ont fait une différence », a-t-il toutefois ajouté, rappelant qu’au Soudan du Sud, par exemple, les Casques bleus abritent plus de 177.000 personnes déplacées dans leurs bases à travers le pays.

En République centrafricaine, les Casques bleus ont appuyé les élections présidentielles et législatives, a-t-il ajouté, et au Libéria, ils ont assuré la sécurité pendant que les experts médicaux luttaient contre l’épidémie d’Ebola.

« Je dédie cette gerbe aux soldats de la paix qui sont morts pour que d’autres puissent vivre », a dit M. Ban.

Le chef de l’ONU a ensuite présidé une cérémonie au cours de laquelle il a décerné la médaille Dag Hammarskjöld, à titre posthume, aux 129 militaires, policiers et civils qui ont perdu la vie en 2015.

M. Ban a également présidé la cérémonie inaugurale de remise de la ‘Médaille capitaine Mbaye Diagne pour courage exceptionnel’. Dans ce cadre, il a remis la toute première médaille à la famille du capitaine Diagne, qui avait sauvé des centaines de vies avant de succomber à une blessure mortelle durant le génocide au Rwanda en 1994.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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18/10/2017
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