Ivoire : la communauté internationale poursuit ses efforts contre le commerce illicite

Écouter /

Le commerce illicite de la faune et des produits ligneux finance les groupes criminels et les milices, menaçant la sécurité et le développement durable. Photo : Banque mondiale / Curt Carnemark

L'impressionnante destruction, ce week-end au Kénya, de plus de 100 tonnes d’ivoire d’éléphant et de rhinocéros a marqué les esprits. Elle avait pour but de répondre à la forte augmentation du braconnage observé ces dernières années. Selon les estimations, rien que sur le continent africain, chaque année, 25 000 éléphants sont tués, et, si ce rythme se poursuit, ces animaux pourraient à terme disparaître.

Pour faire face à ce phénomène, la communauté internationale déploie des efforts considérables, grâce notamment à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées (CITES). Selon son Secrétaire général, John Scanlon, qui s'est déplacé au Kenya pour l'occasion, la présence massive des médias a permis de transmettre un message clair aux gangs transnationaux de criminalité organisée : « les jours où la criminalité liée aux espèces sauvages permettait de faire de larges bénéfices pour peu de risques sont révolus. »

Selon John Scanlon, les gangs du crime transnational organisé opèrent désormais à une échelle industrielle. Malgré cela, en procédant à la destruction des stocks d’ivoire, le gouvernement kenyan a pu faire passer un message très clair : que le commerce illicite de la faune sauvage est et demeure intolérable. John Scanlon estime toutefois que brûler les stocks d’ivoire ne suffira pas à mettre fin à ce commerce illicite, mais, selon lui, le Kenya fait bien plus que ça.

« Le pays a souligné qu’il renforce ses lois votées par le parlement, qu’il renforce ses mesures de mise en œuvre, notamment les sanctions, les effectifs du Service kényan de la faune et la bonne utilisation d’expertise moderne. Brûler tout cet ivoire nous a donc permis de faire porter l’attention là-dessus, » a déclaré le Secrétaire général de la CITES.

John Scanlon reste donc optimiste et pense que la prochaine Conférence mondiale de la faune, organisée en septembre à Johannesburg, permettra d’adopter des mesures visant à contrôler et interdire leurs activités illicites, grâce à des niveaux record d'intérêt manifestés par les États membres désireux désormais de protéger leur patrimoine naturel.

(Interview : Juan Carlos Valdez, chef des affaires juridiques et de la conformité au Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées; propos recueillis par Jérôme Longué)

xxxx

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...