Gambie : l’ONU préoccupée par le sort de dizaines de manifestants arrêtés en avril

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Cécile Pouilly, Porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (photo d’archive) Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

Le Haut-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme (HCDH) a déclaré avoir reçu des rapports attestant que certains manifestants arrêtés en Gambie le mois dernier auraient été torturés. Des dizaines de personnes arrêtées au cours d’un rassemblement pacifique se sont vu refuser des visites familiales et des soins médicaux. Un certain nombre de politiciens de l’opposition sont également en détention.

Les services du Haut-Commissaire Zeid s'inquiètent du sort réservé à de dizaines de manifestants qui ont été arrêtés lors d’une manifestation pacifique les 14 et 16 avril dans la capitale gambienne Banjul. Une situation d'autant plus préoccupante que le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme indique avoir « reçu des informations inquiétantes selon lesquelles certains d’entre eux, qui sont toujours en détention, ont été torturés et que des membres de leur famille ne sont pas autorisés à leur rendre visite, alors que certains se sont vu refuser l’accès à des soins médicaux ».

En outre, deux femmes, figures de l’opposition, Fatoumata Jawara et Nogoi Njai, sont en détention et seraient en très mauvais état. L'ONU est également « profondément préoccupée par le sort d’Alhagie Ceesay, directeur de la station de radio Teranga FM, qui est poursuivi pour sédition et fausses informations depuis juillet 2015 ». M. Ceesay a été hospitalisé à plusieurs reprises pour des problèmes de santé graves qui seraient dus à la torture et à des mauvais traitements endurés pendant sa détention. Il a été vu la dernière fois le 11 avril. C'est la raison pour laquelle, l'ONU « exhorte le gouvernement gambien à préciser où il se trouve, à veiller à ce qu’il ne soit pas soumis à la torture et à de mauvais traitements, et à garantir que son droit à un procès équitable soit pleinement respecté ».

En avril dernier, les Nations Unies se sont vivement préoccupées du sort des militants de l’opposition gambienne. Cécile Pouilly, porte-parole du HCDH a ainsi réitéré l’appel de l'ONU aux autorités gambiennes afin de lancer une enquête impartiale sur la mort présumée en détention, le 14 avril, de Solo Sandeng, président de branche jeunesse du parti d’opposition United Democratic Party (UDP).

En conclusion, les Nations Unies « exhortent le gouvernement gambien à libérer tous ceux qui ont été arrêtés et détenus pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté d’expression, d’opinion et de réunion ».

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

 

 

 

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17/10/2017
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