Fièvre jaune : l'OMS redoute une propagation du virus aux pays voisins de l'Angola

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Campagne de vaccination contre la fièvre jaune dans la province de Huambo, en Angola (Photo: OMS)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste toujours préoccupée par l'épidémie de fièvre jaune en Angola en raison notamment d'une persistance de la transmission locale à Luanda. En dépit du fait que près de six millions de personnes ont été déjà vaccinés dans la capitale angolaise, 70 % des cas y sont répertoriés. La transmission locale a été également signalée dans six provinces (zones urbaines et les principaux ports). A ce stade, le bilan reste toujours sévère. L'OMS avance le chiffre de 277 morts en Angola pour 661 cas confirmés en laboratoire.

 

Depuis le début de la flambée en Angola en décembre 2015, 2149 cas suspects de fièvre jaune (661confirmés en laboratoire) et 277 décès ont été notifiés; la majorité d'entre eux se sont produits dans la capitale, Luanda, et dans cinq autres provinces. Avec les inquiétudes suscitées par le risque de propagation du virus à d'autres zones urbaines et aux pays limitrophes, une campagne de vaccination à grande échelle a été lancée en février 2016 et a couvert jusqu'à présent près de 7 millions de personnes dans l'ensemble du pays.

Des cas de fièvre jaune associés à cette flambée ont été détectés dans d'autres pays d'Afrique et en Asie. A cet égard, l'agence onusienne basée à Genève rappelle que trois pays ont déjà signalé des cas de fièvre jaune confirmés exportés d’Angola. Il s'agit de la République démocratique du Congo (37 cas), du Kenya (deux cas) et de la République populaire de Chine (11 cas). La Namibie a également fait état d’un cas de fièvre jaune suspect exporté de l’Angola.

Par ailleurs, en Ouganda, le Ministère de la Santé a notifié le 9 avril dernier des cas de fièvre jaune dans le district de Masaka. A la date du 4 mai, sept cas de fièvre jaune sont confirmés en laboratoire dans trois districts: Masaka, Rukungiri et Kalangala. Selon les résultats de séquençage, ces groupes ne sont pas épidémiologiquement liés à l’Angola.

« Cela met en évidence le risque de propagation internationale par des voyageurs non vaccinés », avertit l'OMS.

L'OMS note que le virus est fortement concentré dans les centres urbains en Angola et en RDC et redoute qu'il ait été introduit dans les villes suite à une augmentation de la charge virale chez les singes dans la forêt.

En plus de la campagne de vaccination à grande échelle lancée en février dernier et qui a couvert jusqu'à présent près de 7 millions de personnes, l'OMS entend livrer dans les prochains jours 1,7 million de vaccins en Angola. En République démocratique du Congo, plus de 2,2 millions de vaccins sont prévus d’ici la mi-mai.

Alors que les efforts se poursuivent en Angola pour maîtriser l'épidémie de fièvre jaune, l'Organisation mondiale de la Santé rappelle à tous les voyageurs à destination de ce pays qu'ils doivent se faire vacciner contre la fièvre jaune et présenter un certificat de vaccination valable pour prouver qu'ils sont protégés contre cette maladie et ainsi éviter toute propagation ultérieure. «Nous prions instamment tous les voyageurs à destination de l'Angola de veiller à se faire vacciner contre la fièvre jaune et à se munir d'un certificat de vaccination valable», fait remarquer l'OMS.

(Extrait sonore : Tarik Jasarevic, porte-parole de l'OMS ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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12/12/2017
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