Fièvre jaune : la République démocratique du Congo mise sur la vaccination et la sensibilisation

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De gauche à droite, Dr Théophile Bokenge Bosua, Directeur du Programme national de l’hygiène aux frontières de la RDC et Dr Y. Guendoko, du Ministère de la Santé de la Republique Centrafricaine(Photo : OMS)

L’épidémie de fièvre jaune ne faiblit pas dans la région des Grands Lacs. L’Angola a ainsi fait état de 2.536 cas suspects de fièvre jaune, avec 301 décès. Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié hier jeudi note également que des cas ont été exportés depuis ce pays d’Afrique australe vers les pays limitrophes, mais aussi le Kenya et la Chine.

Dans ces conditions, l’OMS met en garde les voyageurs non vaccinés contre les risques de propagation de la maladie, d'autant plus que 41 cas importés d’Angola ont été enregistrés en République démocratique du Congo (RDC). Et lors d'une réunion technique organisée en marge de la 69 assemblée mondiale de la santé, un haut responsable du Ministère de la santé de la RDC a dit craindre une transmission ou une propagation, « selon le mode de feux de brousse à tous les pays qui entourent » son pays.

Dr Théophile Bokenge Bosua nous décrit les mesures prises par Kinshasa pour lutter contre la fièvre jaune.

« Il y a d'abord la sensibilisation qui consiste à sensibiliser les voyageurs en partance pour l'Angola sur les risques de transmission et aussi sur le fait qu'en allant en Angola, on doit absolument se faire accepter de se faire vacciner contre le virus de la fièvre jaune. La sensibilisation est également étendue au niveau de tous les districts sanitaires des deux provinces qui ont notifié le plus de cas. Il s'agit de la province de Congo-Central et celle de Kinshasa qui est aussi la capitale de la République démocratique du Congo. La troisième mesure, c'est qu'il fallait absolument dans ce contexte, et compte tenu de la position géographique de ce pays, procéder au renforcement de la surveillance épidémiologique et de l'alerte aussi bien dans les districts sanitaires qu'au niveau des points d'entrée. Il y aussi comme mesure, moyennant l'appui d'un partenaire, la lutte anti vectorielle. La lutte anti vectorielle qui va jusqu'à la désinfection des moyens de transport utilisés en transfrontalier. » 

Les autorités congolaises misent également sur une meilleure surveillance des passagers en partance et en provenance de l'Angola avec des recherches actives de cas et l'investigation. « Un accent sur la surveillance des bases communautaires » est aussi mis en exergue. Il faut souligner que la RDC fait état de 48 cas confirmés et sur ce nombre, 41 cas sont importés d’Angola.

L'épidémie a tué au moins 300 personnes en Angola depuis décembre et elle a éclaté dans la capitale Luanda, avant de se propager dans d’autres régions côtières et centrales. « En dépit des campagnes de vaccination à Luanda, et dans les provinces de Huambo (centre) et Benguela (est), le virus continue de se propager dans plusieurs districts », note l’OMS. « L’épidémie en Angola reste un source de grande inquiétude en raison de la transmission locale persistante à Luanda, alors que plus de sept millions de personnes ont été vaccinées », ajoute l’organisation dans son dernier bulletin.

Il faut juste rappeler que la fièvre jaune est une maladie hémorragique virale transmise par le moustique de type Aedes aegypti – vecteurs de nombreux virus comme le Zika ou la dengue – qui touche les régions tropicales d’Afrique et d’Amérique amazonienne. La vaccination en est la principale mesure préventive.

(Extrait sonore : Dr Théophile Bokenge Bosua, Directeur du Programme national de l’hygiène aux frontières de la République démocratique du Congo)

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23/10/2017
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