Excision : 97 % des femmes et des filles en Guinée ont subi des mutilations génitales

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© MLAS 2010 UNICEF

Un rapport récent du Bureau des droits de l'homme indique qu'en Guinée, près de 97 % des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales. Ces pratiques néfastes qui consistent à enlever partiellement ou totalement les organes génitaux externes d’une fille sont à la hausse et trop souvent encouragées par les femmes des communautés elles-mêmes, malgré le fait qu'elles soient interdites par le droit national et international.

Selon le Bureau des droits de l'homme, la médicalisation ne solutionne pas l'excision, bien qu'elle permette de réduire le nombre de morts. Cette pratique demeure un acte de violence ayant un impact grave et durable sur la santé des femmes et des filles : problèmes pour uriner, complications à l'accouchement…

Au-delà de sa médicalisation, le Bureau des droits de l'homme  soutient donc l'éradication totale de cette pratique qui va à l'encontre de la dignité et de l'intégrité physique de ces jeunes femmes.

Pour ces femmes, la mutilation génitale féminine est aussi au cœur d'une pression sociale exercée notamment par les dirigeants politiques et religieux, mais aussi par les autres femmes de leurs propres communautés.

« Le fait de ne pas se faire exciser peut être vécu comme un déshonneur (…) Les jeunes filles finissent par elles-mêmes souhaiter  être excisées de peur d'être exclues de leur communauté et par crainte de ne pas trouver de mari ».

Le rapport prône par conséquent le respect et l'application de toutes les lois en vigueur en Guinée et la poursuite des auteurs de la pratique de mutilation génitale féminine.

(Interview : Cécile Pouilly, Porte-parole au Bureau des droits de l'homme de l'ONU à Genève.  Des propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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