Etats-Unis : l’ONU salue la décision de Pfizer sur la peine de mort

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Zeid Ra 'ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme lors d’une session du Conseil des droits de l’homme à Genève (Photo d’archive: ONU).

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme s'est vivement félicité jeudi des initiatives annoncées par le laboratoire pharmaceutique Pfizer pour garantir que les produits qu'il fabrique ne soient pas utilisés pour mener des exécutions par injection létale. Zeid Ra 'ad Al Hussein pense que les « entreprises, dans de nombreux secteurs, peuvent aider à empêcher » que de tels abus continuent à se produire. Non sans rappeler la position des Nations Unies qui s'opposent à l'utilisation de la peine de mort en toutes circonstances.

 

Le Chef des droits de l’homme s’est félicité aujourd'hui de la décision du laboratoire pharmaceutique américain Pfizer interdisant l’usage de ses produits dans l’exécution par injection de condamnés à mort aux Etats-Unis. « Il est encourageant de voir des entreprises jouer un rôle  actif dans la poursuite de la tendance consistant à mettre fin à la peine de mort », dit Zeid Ra’ad al Hussein dans un communiqué rendu public ce jeudi à Genève.

En effet, l'entreprise pharmaceutique a annoncé qu'elle allait limiter la vente de sept de ses produits qui font partie de protocoles d'injection létale dans certains Etats. La revente de ces produits sera limitée et les institutions gouvernementales devront certifier que les produits qu'elles achètent ne seront en aucun cas utilisés à des fins pénales. Pfizer a déclaré vouloir surveiller la distribution de ses produits de manière rigoureuse.

Malgré cette annonce de Pfizer, Zeid Ra'ad Al Hussein a aussi exhorté les Etats à ne pas recourir à des sources douteuses pour obtenir les produits nécessaires à l'administration d'injections létales. Car le Chef des droits de l'homme de l'ONU fait remarquer que d'autres entreprises, au-delà de l'industrie pharmaceutique, pourraient être impliquées dans des activités liées à l'application de la peine de mort. C'est pourquoi il a demandé à ces entreprises de mener, dans leurs activités, une procédure de diligence raisonnable en matière de droits de l'homme pour s'assurer qu'elles ne contribuent en aucune façon à l'application de la peine capitale.

En conclusion, le Haut-Commissaire demande à toutes les entreprises d'agir conformément à leurs responsabilités en matière de droits de l'homme, telles qu'établies dans les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme de l'ONU. Il s'agit, selon l'ONU en direction de ces entreprises de « s'efforcer de prévenir ou d'atténuer les incidences négatives sur les droits de l'homme qui sont directement liées à leurs activités, produits ou services ».

(Interview: Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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