Equateur : un mois après le tremblement de terre, les besoins humanitaires persistent, selon le HCR

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Le 5 mai 2016, deux femmes et une petite fille marchent à côté d'un bâtiment détruit par le séisme à Nuevo Pedernales, en Equateur. Photo UNICEF/UN018950/Arcos

Un mois après le tremblement de terre de magnitude 7,8 qui a coûté la vie à plus de 650 personnes dans le nord-ouest de l’Equateur, les besoins humanitaires dans le pays demeurent aigus, a déclaré vendredi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Les gens luttent pour reconstruire leur vie et il y a des répliques régulières. Deux de ces répliques de magnitude 6,7 et 6,8 ont eu lieu le 18 mai, faisant un mort et 90 blessés et causant de nouveaux dégâts matériels dans les provinces de Manabi et Esmeraldas », a expliqué un porte-parole du HCR, William Spindler, lors d’une conférence de presse à Genève.

Selon les chiffres officiels, quelque 73.000 personnes ont été déplacées à la suite du tremblement de terre et vivent désormais dans des abris et des camps, des familles d’accueil, ou dans des sites de fortune.

« Plus de 30.000 personnes sont actuellement hébergées dans des centres collectifs, où les mécanismes de protection et les stratégies communautaires doivent être renforcés pour minimiser les risques de violence et d’abus, en particulier pour les femmes, les filles et les garçons, et pour réduire l’anxiété croissante parmi les personnes déplacées », a dit le porte-parole du HCR.

« Des milliers de personnes sont également hébergées par des familles vulnérables dont les ressources sont déjà limitées, ce qui augmente le risque de tensions au sein de la population. En outre, environ 15.000 personnes ont perdu leurs papiers d’identité, ce qui rend difficile pour elles d’avoir accès à des services de base et des programmes sociaux », a-t-il ajouté.

Au cours du mois dernier, le HCR a procédé à deux ponts aériens pour fournir une aide immédiate aux communautés les plus touchées, dont 900 tentes, 50.000 matelas, 7.000 sets de cuisine et 18.000 moustiquaires.

En plus de fournir cette aide matérielle, le HCR dirige la réponse en matière de protection à Quito, la capitale, et à Manta, Pedernales et Muisne, et travaille en étroite collaboration avec les autorités locales pour coordonner les activités relatives à la protection des enfants et à la lutte contre la violence sexuelle et sexiste. « Nous soutenons également les efforts déployés par le gouvernement pour réémettre les documents de ceux qui ont perdu leurs documents d’identité, d’asile et de réfugiés, ainsi que leurs titres de propriété », a dit le porte-parole.

Quelque 17.000 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement en provenance de Colombie, vivaient dans les zones les plus touchées par le séisme. La catastrophe a augmenté leur vulnérabilité et a ajouté des difficultés à leur processus d’intégration locale dans un contexte d’opportunités socio-économiques limitées.

Le HCR a appelé les bailleurs de fonds à financer de toute urgence l’appel humanitaire de 73 millions de dollars qui a été lancé le 20 avril pour répondre aux besoins de 350.000 personnes. L’appel n’est actuellement financé qu’à hauteur de 15%.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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18/10/2017
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