Des responsables de l'ONU appellent les leaders mondiaux à prendre part au Sommet humanitaire d'Istanbul

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Un vélo endommagé sur un balcon dans un bâtiment détruit à Misrata, en Libye. Photo UNICEF/Giovanni Diffidenti

Face aux besoins humanitaires sans précédent de dizaines de millions de personnes, victimes des conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, plusieurs hauts responsables de l’ONU ont appelé jeudi les Etats membres à participer en masse au premier Sommet humanitaire mondial des Nations Unies, qui aura lieu à la fin du mois dans la capitale turque Istanbul.

« Des millions de personnes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont victimes de souffrances humaines intolérables », ont déploré dans un communiqué de presse conjoint les Coordonnateurs humanitaires du Bureau régional de l’ONU pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« La violence généralisée, les conflits et l’extrémisme en Iraq, Libye, Palestine, Syrie et au Yémen créent d’immenses besoins humanitaires, dont l’impact se faite sentir au-delà des frontières de ces pays », ont-ils ajouté, précisant qu’environ 55 millions de personnes dans la région ont besoin d’aide humanitaire à l’heure actuelle pour assurer leur survie.

Les Coordonnateurs humanitaires ont notamment insisté sur les difficultés d’accès à la nourriture, aux soins de santé de base et à l’eau potable, ainsi que sur le manque de logements pour les personnes déplacées, qui sont parfois contraintes de dormir à ciel ouvert. Ils ont également mentionné les familles incapables de trouver le sommeil par crainte des bombes et tirs de mortier.

« Nous avons la responsabilité commune de mettre fin à cette tragédie et de préserver la dignité fondamentale des gens », ont déclaré les hauts responsables de l’ONU, ajoutant que le premier Sommet humanitaire mondial des Nations Unies, qui aura lieu les 23 et 24 mai prochains à Istanbul, en Turquie, fournira une occasion unique d’agir en ce sens.

Dans la perspective du Sommet, les Coordonnateurs humanitaires ont déclaré avoir consulté des milliers de personnes dans la région.

« Leurs sentiments et exigences étaient clairs : l’indignation face au niveau impressionnant de pertes en vies humaines et de souffrances dont ils sont les témoins ou les victimes au quotidien ; l’incrédulité face à l’absence de responsabilité en cas de violation manifeste du droit international humanitaire et des droits de l’homme ; la déception dans le système humanitaire qui ne parvient pas à soutenir et à renforcer la capacité de réponse locale ; et la conviction que l’aide humanitaire ne peut se substituer à l’action politique qui traite des causes profondes de la souffrance des gens », ont-ils dit.

Les Coordonnateurs humanitaires de la région ont par conséquent appelé les dirigeants mondiaux à participer au sommet, à garantir son succès et à prendre leurs responsabilités pour trouver des solutions politiques et mettre fin aux conflits dans la région.

Les hauts responsables de l’ONU ont aussi invité la communauté humanitaire à prendre ses responsabilités et à s’engager à ne laisser personne de côté.

« Le compte à rebours a commencé avant le début du Sommet, mais également, tous les jours, pour des millions de personnes touchées dans la région », ont déclaré les Coordonnateurs humanitaires de l’ONU pour l’Iraq, Lise Grande, la Jordanie, Edward Kallon, le Liban, Philippe Lazzarini, la Libye, Ali Al Za’tari, le territoire palestinien occupé, Robert Piper, la Syrie, Yacoub El Hillo, le Yémen, Jamie McGoldrick, et le Coordonnateur régional des secours humanitaires pour la Syrie, Kevin Kennedy.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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15/12/2017
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