Casques bleus accusés de viol: un tribunal militaire suspend les audiences en RDC

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Un casque et des gilets de protection de Casques bleus. Photo ONU/Marie Frechon

Le tribunal militaire de garnison de la Gombe (Kinshasa) a suspendu, jeudi 5 mai, les audiences sur le procès des anciens casques bleus congolais, accusés d'avoir violé des mineures en RCA. Il a levé cette option après que la défense a demandé la comparution personnelle des présumées victimes de viol et le rapport médical attestant qu'il y a eu réellement viol.

Le ministère public n'a pas expressément déterminé l'âge de certaines victimes, affirme la défense.

«A toutes les audiences publiques, il les a toujours qualifiées des victimes non autrement identifiées. Alors qui sont-elles ?'', s'est interrogée la défense.

La partie défenderesse a également exigé la comparution, au procès, du commandant bataillon du contingent FARDC en Centrafrique, au motif que la consigne militaire retenue par le ministère public n'a pas été claire.

Le ministère public accuse ces anciens casques bleus d'avoir violé la consigne militaire en tissant des liens avec des civils. Il soutient également que ses hommes en armes devaient rester cantonnés dans leur camp que de côtoyer des civils.

Ce que désapprouvent les prévenus, estimant qu'ils étaient entourés des populations civiles auprès desquelles ils recouraient souvent pour solliciter certains services notamment l'achat de crédit de communication téléphonique ou un petit breuvage. Ce qui, selon la défense, n'a rien à avoir avec la consigne militaire.

Le tribunal militaire a déclaré recevables et fondées les demandes de la défense des prévenus. Les audiences reprendront quand cette décision sera exécutée par le ministère public, indique-t-il.

Le procès de viol contre une vingtaine d'anciens casques bleus du contingent congolais de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) a débuté le 4 avril dernier à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa.

Parmi les prévenus il y a des soldats de première classe, des sergents et des capitaines qui sont à la barre.

(Mise en perspective: Jeef Ngoyi pour Radio Okapi)

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15/12/2017
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