Boko Haram : détérioration de la situation humanitaire à Diffa, au Niger

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Des réfugiés nigérians à leur arrivée au camp de Sayam Forage, au Niger. Photo: UNHCR/Helene Caux

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés est vivement préoccupée par une dégradation de l'insécurité et une détérioration de la situation humanitaire dans la région de Diffa, où la violence liée aux activités de Boko Haram a forcé plus de 240.000 personnes à quitter leurs maisons des deux côtés de la frontière du Niger avec le Nigéria. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) note qu'au sud-est du Niger, la situation sécuritaire autour des villes de Diffa et Bosso s'est détériorée au cours des derniers mois, avec une succession d’incidents criminels, notamment des attentats suicides à proximité des villages et des sites où vivent les réfugiés nigérians et les déplacés internes nigériens.

 

Les exactions de Boko Haram le long du Bassin du Lac Tchad ont conduit plus de 157.000 personnes à fuir le Nigéria et à se réfugier sur 135 campements de fortune le long de 200 kilomètres de la route nationale 1, une route principale qui longe la frontière du Niger avec le Nigeria et la rivière Komadougou. Signes des tensions sur le terrain, les deux grands marchés le long de cette route ont été fermés depuis avril dernier, de peur que des insurgés infiltrés puissent attaquer ces lieux publics. Une situation qui a des conséquences sur l’économie locale. Un couvre-feu de 19 heures à 5 heures du matin est toujours en vigueur dans la région, qui a été en état d’urgence depuis février à 2015.

Sur le plan humanitaire, les agences humanitaires déplorent les difficiles conditions de vie des réfugiés et des déplacés internes. Plusieurs enfants n'ont pas accès à l'éducation dans ces zones en raison des structures scolaires limitées dans les villages voisins, qui sont déjà surpeuplées, et à cause de la fermeture de nombreuses écoles dans les zones d’insécurité à proximité de la frontière. Les approvisionnements alimentaires sont irréguliers, et les populations locales ne sont pas toujours en mesure de partager leurs maigres ressources avec les personnes déplacées.

Il faut juste rappeler que 2,7 millions de personnes sont déplacées dans la région du bassin du lac Tchad en raison de la violence liée à Boko Haram. Et dans ce lot, près de 2,1 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du Nigeria.

(Extrait sonore: Benoit Moreno, porte-parole du HCR au Niger; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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