Afghanistan : l'ONU regrette l'exécution de six personnes dimanche dernier

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La porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, Cécile Pouilly. Photo: ONU

Les autorités de Kaboul ont pendu dimanche six Afghans condamnés à mort.  Ces exécutions étaient les premières à être approuvées par président Ashraf Ghani depuis qu'il est entré en poste en 2014 en promettant de mettre fin à la guerre en Afghanistan. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme regrette ces exécutions et redoute d'autres pendaisons dans un proche avenir.

 

Les services du Haut-Commissaire Zeid regrettent l'exécution dimanche de six personnes condamnées par un tribunal à la peine capitale. Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU souligne d'ailleurs que l'application de ces peines s'est faite malgré de graves préoccupations quant au respect des normes internationales d’équité ayant conduit à ces condamnations lors de leurs procès. L'agence onusienne rappelle que de graves doutes planent sur l’équité et la transparence de la procédure judiciaire en raison notamment d'allégation indiquant que les forces de sécurité ont eu recours à la torture et aux mauvais traitements pour extorquer des « aveux «  aux accusés.

C'est pourquoi, le Haut-Commissariat est d'avis que cette peine capitale ne peut être appliquée qu’en vertu d’un jugement définitif rendu par un tribunal compétent, après une procédure judiciaire ayant toutes les garanties possibles pour assurer un procès équitable, y compris la représentation juridique et le droit de faire appel à un tribunal d'une juridiction supérieure.

Par ailleurs, même s'ils reconnaissent « les défis sécuritaires croissantes auxquels font face par les autorités et la pression croissante du public pour réduire la violence », les services du Haut-Commissaire Zeid insistent, « encore une fois », qu'« il n'a jamais été prouvé que la peine de mort a un effet particulièrement dissuasif ».

Dans ces conditions, le Haut-Commissariat exhorte le Président Ashraf Ghani à ne pas approuver les condamnations à mort et d’introduire immédiatement un moratoire officiel sur l’application de la peine de mort. « Nous exhortons également les autorités afghanes à accélérer la réforme judiciaire, y compris du Code pénal et Code de procédure pénale, pour que toutes les condamnations à mort prononcées dans le pays soient commuées en prison à vie », conclut le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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