Sida : l'ONU juge essentiel d'investir dans les actions menées localement pour mettre fin à l'épidémie

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Deux femmes séropositives en Ouganda sont assises sur le sol, tandis qu'une infirmière leur donne des médicaments antirétroviraux. Photo : UNICEF / Shehzad Noorani

A l’occasion d’un dialogue réuni par la Présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies mercredi à New York, le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, a estimé jeudi qu’il est essentiel d’investir dans les actions menées localement pour mettre fin à l’épidémie de VIH/sida.

« Pour éradiquer l’épidémie de Sida, personne ne doit être laissé pour compte », a expliqué M. Sidibé. « La mobilisation et l’implication de la société civile joueront un rôle crucial en traduisant les objectifs de la déclaration politique relative à l’éradication du Sida en actions tangibles sur le terrain afin d’atteindre les personnes les plus marginalisées avec des services contre le VIH ».

Selon l’ONUSIDA, les efforts locaux se sont avérés essentiels pour surmonter de nombreux défis majeurs dans la lutte contre le Sida, notamment en atteignant des personnes les plus touchées par le VIH, en soutenant les individus pour qu’ils suivent leurs traitements et en renforçant d’autres services primordiaux de santé.

L’implication de la société civile est également essentielle pour la défense des intérêts en matière de ressources, l’amélioration des programmes de lutte contre le VIH et les progrès relatifs aux questions des droits humains.

L’ONUSIDA estime que 26,2 milliards de dollars seront nécessaires pour la lutte contre le Sida dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’ici à 2020 (le montant atteignait 19,2 milliards de dollars en 2014). L’agence onusienne souligne également qu’un plus grand investissement dans la mobilisation de la société civile et la prestation de services à l’échelle locale sera décisif.

D’ici à 2020, l’ONUSIDA estime que les investissements dans la mobilisation locale doivent tripler, pour représenter 3% des ressources totales destinées au traitement du VIH dans les pays à revenu faible et intermédiaire. La sensibilisation des populations clés dans les pays à revenu faible et intermédiaire est quant à elle appelée à croître de 7,2% et les besoins en ressources pour délivrer des traitements antirétroviraux à l’échelle locale de 3,8%.

Ce dialogue informel sur le VIH comptait des représentants d’organisations non gouvernementales, du secteur privé, d’organisations et de réseaux dédiés aux personnes vivant avec le VIH, des femmes, des adolescents, des jeunes, et d’autres partenaires. Ce dialogue fait partie des travaux préparatoires pour une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU sur l’éradication du Sida, qui aura lieu du 8 au 10 juin 2016 à New York.

« Nous sommes en phase avec nos objectifs d’éradiquer l’épidémie de Sida d’ici à 2030, » a déclaré le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Mögens Lykketoft. « Maintenant, nous devons travailler ensemble pour garantir une déclaration politique sur l’éradication du Sida forte avec des objectifs clairs qui guideront l’humanité vers la suppression de l’épidémie de Sida dans le cadre des objectifs de développement durable ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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23/10/2017
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