République du Congo : le Chef des droits de l'homme de l'ONU préoccupé par la situation dans le Pool

Écouter /

Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l’homme (Photo: ONU/J. M. Ferré)

Alors que les autorités congolaises promettent d’y envoyer sous peu une mission humanitaire, de plus en plus de voix s'inquiètent du « huis clos » dans lequel se déroulent les opérations sécuritaires lancées dans le département du Pool, dans le sud de Brazzaville, la capitale congolaise. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, M. Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est inquiété des «rapports très alarmants émanent de cette zone dénommée le Pool ».

 

Les services du Haut-Commissaire Zeid soulignent que ces « rapports sont difficiles à vérifier en raison du manque d'accès à cette zone par des acteurs indépendants ». Mais les informations en provenance de la de la République du Congo, notamment ces opérations sécuritaires menées par le gouvernement dans une zone située dans le sud de Brazzaville et dénommée le Pool, sont jugées très « alarmantes ».

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme note que depuis les élections présidentielles du 20 mars, des rapports font état d'opérations de sécurité menées contre des chefs de l'opposition et leurs partisans, qui auraient attaqué un poste de police et certaines zones dans le sud de la capitale le 4 avril. « Le gouvernement a annoncé que 17 personnes avaient péri lors de ces opérations militaires, dont trois membres des forces de sécurité, et que plusieurs autres personnes avaient été blessées », fait-on remarquer du côté du Palais Wilson, siège du Haut-Commissariat.

Outre ces morts, il y a aussi des « arrestations massives et de cas de torture en détention, ainsi que du meurtre et du déplacement de personnes originaires du Pool ». Face à ces informations préoccupantes, les Nations Unies exhortent Brazzaville à garantir aux acteurs humanitaires un « accès sans délai au Pool ».

Le Chef des droits de l'homme souhaite aussi que les forces de sécurité agissent en parfaite conformité avec les obligations de la République du Congo au regard du droit international des droits de l'homme. « Tout incident impliquant l’emploi de la force par les forces de sécurité, en particulier s'il a des conséquences mortelles, doit faire l'objet d'une enquête approfondie, rapide et impartiale. Aucune personne arrêtée et détenue ne devrait subir de mauvais traitement ».

En conclusion, le Haut-Commissaire exhorte le gouvernement congolais, les responsables politiques et leurs partisans, à s'efforcer de résoudre tous leurs différents de manière pacifique et dans le cadre de la loi, et à « éviter tout recours à la violence dans l'exercice de leurs libertés d'expression, d'association et de rassemblement pacifique. »

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...