Réfugiés: le HCR condamne l'usage de gaz lacrymogènes par la police macédonienne à Idomeni

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Un enfant, dans le camp d’Idomeni, marchant le long d’une voie ferré qui relie la Grèce à l’ex-République yougoslave de Macédoine. Photo:© UNICEF/UN012790/Georgiev

Le calme serait revenu lundi dans le camp d’Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne, au lendemain d’une tentative de réfugiés de forcer la frontière. Près de 300 migrants avaient dû recevoir des soins dimanche après que des policiers macédoniens eurent fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser des migrants tentant d’entrer en force en ex République yougoslave de Macédoine. Une violence qui préoccupe vivement le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés qui en appelle une nouvelle fois à une réponse globale de l'Europe pour résoudre cette crise.

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est inquiétée de l’utilisation de gaz lacrymogènes par la police macédonienne, estimant que des actions de ce genre portaient atteinte à l’image de l’Europe. « Régulièrement, ces derniers mois, nous avons constaté la montée des tensions sur diverses frontières européennes, entre les forces de sécurité d’une part et, d’autre part, des personnes fuyant les guerres et ayant besoin d’une aide », a déclaré de Adrian Edwards, porte-parole du HCR, dans ce communiqué rendu public ce lundi à Genève. Les services du Haut-Commissaire Filippo Grandi notent que « des gens se blessent et des biens sont endommagés », non sans rappeler le préjudice causé par la perception des réfugiés et l’image de l’Europe. « Tout le monde y perd », tranche le HCR.

L'agence onusienne basée à Genève souligne que ces derniers jours l’attention du public et des médias a porté sur la mise en œuvre de l’accord Union Européenne-Turquie dans les îles grecques et en Turquie. « Nous ne devons pas oublier les nombreux autres réfugiés et migrants qui continuent d’être affectés par la situation, en particulier les quelques 46.000 réfugiés arrivés en Grèce avant l’entrée en vigueur de l’accord », fait remarquer le HCR. A cet égard, le HCR décrit la situation à Idomeni où environ 11.000 réfugiés s'entassent depuis plusieurs semaines « à l’air libre dans des conditions lamentables, alimentant leur désespoir et leur détresse ».

Dans ces conditions, le HCR se dit prêt à soutenir un transfert volontaire des migrants vers des sites qui seront mis en place par le gouvernement grec. En attendant à Idomeni, le HCR, en collaboration avec Athènes et des ONG grecques, fournit des vivres, un soutien médical, une aide aux personnes ayant des besoins spécifiques ainsi que des mesures de prévention de la violence sexuelle et sexiste.

(Interview : Céline Schmitt, porte-parole du Bureau du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés en France ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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19/10/2017
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