L'ONU appelle les leaders mondiaux à respecter leurs objectifs de financement du développement durable

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Les objectifs de développement durable à l'horizon 2030 sont projetés sur la façade des bâtiments du siège de l'ONU à New York, en septembre 2015. Photo ONU/Cia Pak

Qualifiant l’année 2015 de « jalon décisif » pour le développement, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé lundi les dirigeants mondiaux à respecter les objectifs fixés l’an dernier en matière de financement du développement pour pouvoir mettre en œuvre les accords historiques conclus ces derniers mois afin d’éradiquer la pauvreté, construire des sociétés résilientes et lutter contre le changement climatique.

Le Programme d’action d’Addis-Abeba – adopté en juillet dernier dans la capitale éthiopienne lors de la troisième Conférence internationale de l’ONU sur le financement du développement – le Programme de développement durable à l’horizon 2030 – adopté en septembre 2015 à New York par les Etats membres – et l’Accord de Paris sur le changement climatique – conclu en décembre dernier dans la capitale française lors de la COP21 – sont des triomphes du multilatéralisme, a tout d’abord salué M. Ban dans son discours d’ouverture du Forum annuel du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) sur le suivi du financement du développement, qui se réunit jusqu’à mercredi au Siège de l’Organisation, à New York.

« Je demande instamment à chacun d’entre vous de prendre des mesures et de faire preuve de leadership », a déclaré le Secrétaire général. « Nous devons tous jouer un rôle dans cet effort mondial, y compris les gouvernements et les organisations internationales, les institutions financières et commerciales, le secteur privé et la société civile », a-t-il ajouté.

Plusieurs présentations par des acteurs clés du développement devaient avoir lieu durant cette journée, dans le cadre d’une réunion spéciale de haut niveau de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Woods (la Banque mondiale et le Fonds monétaire international – FMI), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Dans l’après-midi notamment, un dialogue interactif devait être organisé entre les délégations de l’ONU et des hauts fonctionnaires de la Banque mondiale et du FMI.

Le Secrétaire général a insisté dans son discours inaugural sur l’engagement pris en juillet dernier par les Etats, au sein du Programme d’action d’Addis-Abeba, de mobiliser et de fournir les ressources, la technologie et les partenariats nécessaires au développement durable.

A ce titre, M. Ban a participé samedi dernier au premier Forum mondial pour les infrastructures à Washington, lors d’une visite dans la capitale des Etats-Unis. Ce Forum est l’une des principales mesures du Programme d’action d’Addis-Abeba, visant à identifier et combler les lacunes dans ce domaine en mettant en évidence les opportunités d’investissements et de coopération, et en veillant à ce que les projets d’infrastructure soient écologiquement, socialement et économiquement durables.

M. Ban a par ailleurs ajouté qu’il attendait avec impatience la cérémonie de signature de l’Accord de Paris à New York, plus tard dans la semaine. Plus de 130 pays ont à ce jour confirmé leur intention de venir signer, le 22 avril au siège de l’ONU, cet accord conclu lors de la 21ème conférence des parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Notant en outre que les besoins de financement pour réaliser les 17 objectifs de développement durable (ODD) du Programme à l’horizon 2030 se chiffrent en milliards de dollars annuels, le chef de l’ONU a souligné que la mobilisation de telles ressources sera un défi important, en particulier dans le climat économique actuel.

Toutefois, ce défi n’est pas insurmontable, a-t-il dit, précisant que le montant total de l’épargne et des investissements publics et privés dans le monde est en théorie suffisant pour y parvenir.

« Nous avons la responsabilité collective de transformer ces accords historiques en actions concrètes », a déclaré M. Ban. « Le temps de la mise en œuvre est venu ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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20/10/2017
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