Journée internationale : Ban Ki-moon met l’accent sur le rôle humanitaire de la la lutte antimines

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Opération de déminage à Tombouctou, au Mali. Photo: MINUSMA/Marco Dormino

A l’occasion de la Journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l’assistance à la lutte antimines, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi à augmenter l’appui aux activités de lutte antimines qui contribuent à l’efficacité de l’action humanitaire de l’Organisation.

Instaurée par l’Assemblée générale de l’ONU en 2005 et célébrée chaque année le 4 avril, cette Journée a pour objectif d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les besoins des victimes des mines et des restes explosifs de guerre.

« La lutte antimines est essentielle à la mise en place d’une action humanitaire efficace dans les situations de conflit et d’après-conflit », a dit M. Ban dans un message.

A l’approche du premier Sommet humanitaire mondial, qui aura lieu fin mai à Istanbul, en Turquie, le thème retenu pour cette onzième édition de la Journée a en effet pour but de mettre l’accent sur le fait que la lutte antimines est une action humanitaire, dans la mesure où elle sauve des vies.

« Cependant, dans bien trop d’endroits dans le monde, des conflits nouveaux ou en recrudescence laisseront une nouvelle fois derrière eux des dispositifs explosifs dangereux, notamment des mines terrestres, des armes à dispersion et des engins explosifs improvisés », a regretté le chef de l’ONU, se disant particulièrement préoccupé par l’utilisation d’armes explosives dans les zones résidentielles.

Aussi, l’Organisation s’emploie-t-elle à alléger les souffrances des populations concernées, dans des environnements à haut risque, a poursuivi le Secrétaire général.

Prenant l’exemple du Soudan du Sud, le chef de l’ONU a indiqué que plus d’un demi-million de personnes ont été sensibilisées au danger des mines ces douze derniers mois et que 14 millions de mètres carrés de terrain ont été déminés, ce qui a conduit à la destruction de 30.000 mines et restes explosifs de guerre.

« Cela a permis d’acheminer des denrées alimentaires et de l’eau et les personnes fuyant les combats ont pu se déplacer sans danger », a salué M. Ban.

S’agissant de la Syrie, le Secrétaire général a également souligné que plus de deux millions de Syriens ont été sensibilisés l’an dernier au danger des mines dans leurs écoles et leurs quartiers ou villages, et que plus de 5.400 personnes ont bénéficié de services de rééducation physique.

« Cependant, cette menace mortelle fait toujours partie du quotidien de millions de Syriens. Il est urgent d’augmenter l’appui aux activités de lutte antimines, et de garantir que les équipes aient pleinement, régulièrement et librement accès aux zones touchées », a regretté M. Ban.

A l’approche du Sommet mondial sur l’action humanitaire, il a déclaré son intention de faire du problème des mines un thème important de l’évènement.

« Dans mon rapport préalable au Sommet, je mets en évidence les effets inacceptables des mines et des restes explosifs de guerre sur les civils », a dit le chef de l’ONU. « J’y insiste également sur le fait qu’il est essentiel que les États deviennent parties aux instruments pertinents du droit international humanitaire, et qu’ils en appliquent et respectent les dispositions ».

(Extrait sonore : Agnès Marcaillou, cheffe de l’UNMAS, le Service d’action antimines des Nations Unies ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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15/12/2017
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