Golfe de Guinée : le Conseil de sécurité invite les Etats de la région à s'unir contre la piraterie

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Un membre de l'équipage s'apprête à monter à bord d'un cargo restitué après son détournement par des pirates le 24 juillet 2011 au Bénin. Photo: IRIN/Daniel Hayduk

Le Conseil de sécurité de l’ONU a invité lundi les Etats de la région du golfe de Guinée à coopérer pour lutter contre les actes de piraterie et les vols à main armée en mer menaçant la navigation internationale, la sécurité et le développement économique de la région.

C’est la première fois en près de cinq ans que le Conseil de sécurité consacre une réunion à cette question, a noté à cette occasion le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, Taye-Brook Zerihoun.

M. Zerihoun a souligné qu’au cours des dernières années, il y a eu une baisse notable des actes de piraterie et de vols à main armée en mer dans le golfe de Guinée. « Toutefois, l’insécurité en mer reste une source de préoccupation dans la région », a-t-il ajouté. Au premier trimestre 2016, le Bureau international maritime a enregistré six attaques et six tentatives d’attaque dans le golfe de Guinée.

Selon M. Zerihoun, la lutte contre la piraterie exige souplesse et capacité d’adaptation dans la mesure où ceux qui commettent des actes illégaux en mer sont très bien informés et utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées. « Les initiatives visant à s’occuper du développement socio-économique et à affronter le manque d’emplois sont également nécessaires pour fournir des perspectives aux populations marginalisées qui peuvent être impliquées dans des activités de piraterie, notamment les jeunes », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration publiée par la Présidence du Conseil, les membres du Conseil de sécurité déclarent être profondément préoccupés « par le nombre et la violence des actes de piraterie et vols à main armée qui auraient été perpétrés en mer dans le golfe de Guinée depuis 2014 » et condamnent énergiquement « les assassinats, enlèvements, prises d’otages et vols que commettent les pirates qui sévissent dans le golfe de Guinée ».

Ils demandent aux Etats de la région et à toutes les parties prenantes concernées « de redoubler d’efforts pour obtenir que tous les gens de mer otages dans le golfe de Guinée ou aux alentours soient libérés immédiatement sains et saufs ».

Le Conseil prie instamment les Etats membres des Nations Unies et les organisations internationales compétentes « d’aider les Etats de la région et les organisations régionales et sous-régionales à veiller à ce que les mesures nécessaires soient prises pour empêcher que les produits d’actes de piraterie et de vols à main armée commis en mer contribuent au financement du terrorisme ».

Selon le Conseil, il est « essentiel de coordonner l’action menée au niveau régional pour lutter contre la menace que représentent les actes de piraterie et les vols à main armée commis en mer ».

Il se félicite de l’initiative prise par l’Union africaine d’organiser un Sommet extraordinaire sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique, à Lomé, au Togo, le 15 octobre 2016, en vue notamment d’adopter un texte sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement économique et social en Afrique. Il invite la communauté internationale et les partenaires bilatéraux et multilatéraux à y participer activement et à l’appuyer.

L’un des tous premiers orateurs, parmi la quarantaine de pays inscrists, le Représentant permanent adjoint, Gorgui Ciss, du Sénégal, co-organisateur du débat, a notamment souligné le lien existant avec le terrorisme, et a fait des recommandations, notamment d’adopter une approche africaine qui tienne compte de la sécurité mais aussi des dimensions environnementales, touristiques et économiques. Il a également insisté sur l’importance d’une politique inclusive qui profite aux communautés, aux jeunes et aux femmes.

Le diplomate a également insisté sur la nécessité de définir de façon autonome les besoins africains soutenus par l’aide internationale. Il a mis en exergue l’obligation de renforcer les capacités judiciaires et juridiques des États, mais aussi de mettre en oeuvre les décisions notamment celles prises dans le cadre du processus de Yaoundé.  

Le Représentant permanent adjoint a aussi cité parmi les recommandations les besoins de formation, d’information et aussi la mise en place d’un système de surveillance maritime.

(Extrait sonore : Gorgui Ciss, Représentant permanent adjoint du Sénégal auprès de l'ONU)

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20/10/2017
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