Économie africaine : “tous azimuts” vers une industrialisation écologique

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Dans un nouveau rapport publié lundi, les Nations Unies plaident pour une industrialisation durable et centrée sur les personnes en Afrique, dans un contexte de changements climatiques, de pénuries de ressources et de dégradation de l’environnement.

« L’Afrique a connu une croissance économique vigoureuse au cours des dix dernières années et ses perspectives de croissance à moyen terme demeurent positives, malgré la tourmente qui s’est abattue sur l’économie mondiale », souligne la Commission économique pour l’Afrique dans ce rapport. « Cette croissance ne s’est cependant pas traduite positivement sous forme de diversification économique, d’emplois décents et de développement social rapide ».

« Compte tenu des effets du changement climatique, des pénuries de ressources et de la dégradation de l’environnement, des mesures visant à rendre le développement de l’Afrique écologique, revêtent une importance cruciale et peuvent rapporter d’importants avantages », ajoute la Commission.

Le rapport estime que l’Afrique dispose d’une occasion intéressante en 2016 pour adopter de nouveaux modèles économiques dédiés à l’industrialisation.

La Commission économique pour Afrique rappelle que la croissance du continent africaine se caractérise par une forte dépendance à l’égard des ressources naturelles et une faible productivité sectorielle. Elle nécessite des consommations élevées d’énergie et de matières et génère d’importants déchets. Ces facteurs contribuent à la raréfaction des ressources et à la cherté des coûts de production, elle-même compromettant la compétitivité du secteur industriel africain au niveau mondial.

Selon l’ONU, « l’industrialisation écologique offre à l’Afrique l’occasion de réussir un modèle de transformation structurelle qui est source de croissance durable et inclusive, d’emplois et qui sauvegarde la productivité des ressources naturelles ».

Le Secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique, est intervenu lors du lancement du rapport au Siège de l'ONU à New York.

Carlos Lopes a notamment souhaité que l'Afrique ne soit pas considérée comme « les récipients résiduels de l'aide à l'adaptation » mais comme une partie de la solution, avec la meilleure promesse de transformation du système industriel qui existe actuellement.

Selon lui aujourd'hui l'Afrique est le continent qui regorge le plus de ressources naturelles, les exportent sans traitement très loin vers une autre partie du monde pour être transformées, pour ensuite à nouveau les transporter vers les marches de consommation. Ce modèle représente un niveau d'émission de CO2 très élevé.

« Nous sommes là au milieu, géographiquement parlant, de pouvoir non seulement transformer la plupart des ressources qui sont africaines, en Afrique, mais à partir de cette transformation être beaucoup plus proche des marchés de consommation : une réduction tous azimuts! », a déclaré Carlos Lopes.

 

 

(Extrait sonore: Carlos Lopes, Secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique)

 

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13/12/2017
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