L'OMS appelle à combler les lacunes en matière de vaccination dans le monde

Écouter /

A Sao Paulo, au Brésil, une jeune fille reçoit un vaccin contre le cancer du col de l'utérus. Photo PAHO/OMS

Alors que la Semaine mondiale de la vaccination se tiendra du 24 au 30 avril 2016 dans le monde entier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a encouragé jeudi les pays à prendre de nouvelles mesures pour combler leurs lacunes en matière de vaccination.

« L’an dernier, la vaccination a remporté des victoires remarquables contre la poliomyélite, la rubéole et le tétanos maternel et néonatal », a souligné la Directrice générale de l’OMS, Dr Margaret Chan dans un communiqué de presse. « Mais c’étaient des victoires isolées. La poliomyélite a été éliminée dans 1 pays, le tétanos dans 3 pays et la rubéole dans 1 région géographique. Le défi consiste à ce que les victoires comme celles-ci deviennent la norme ».

La vaccination permet d’éviter 2 à 3 millions de décès par an, mais on pourrait sauver 1,5 million de vies supplémentaires en améliorant la couverture vaccinale dans le monde. On estime aujourd’hui que 18,7 millions d’enfants, soit près d’1 sur 5 dans le monde, ne bénéficient pas encore de certaines vaccinations systématiques pour des maladies évitables, comme la diphtérie, la coqueluche ou le tétanos.

En 2012, l’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé le Plan d’action mondial pour les vaccins (GVAP), un engagement pour que personne ne passe à côté des vaccinations essentielles.

« Bien qu’on ait assisté à des progrès de la vaccination dans le monde, la couverture vaccinale mondiale a marqué le pas ces dernières années », déplore la Sous-Directrice générale à l’OMS pour la santé de la famille, de la femme et de l’enfant et Vice-Présidente du Conseil de Gavi, l’Alliance du vaccin, le Dr Flavia Bustreo. « Bien trop d’occasions sont manquées chaque jour pour atteindre les enfants non vaccinés et combler les lacunes en matière de vaccination ».

Pour améliorer la couverture vaccinale, l’OMS demande aux pays de couvrir davantage d’enfants qui échappent aux systèmes de vaccination systématique, en particulier ceux qui vivent dans des pays, des districts ou des zones où moins de 80% d’entre eux reçoivent ces vaccins ou ceux qui vivent dans des pays en proie à des conflits ou affectés par des situations d’urgence.

Plus de 60% des enfants non vaccinés vivent dans 10 pays : l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, l’Inde, l’Indonésie, l’Iraq, le Nigéria, l’Ouganda, le Pakistan, les Philippines et la République démocratique du Congo.

De même, lorsqu’un enfant ou un adulte, qui n’est pas vacciné ou pas complètement vacciné, va dans un établissement de soins pour quelque raison que ce soit, les agents de santé doivent vérifier son dossier de vaccination et il faut alors lui administrer tous les vaccins qui lui manquent.

Or, des évaluations récentes sur le terrain dans la Région des Amériques et la Région africaine ont montré qu’entre 23% et 96% des enfants qui remplissent les conditions requises et sont venus dans un établissement de soins pour la vaccination ou un traitement médical, ont quitté cet établissement sans avoir reçu les doses vaccinales dont ils avaient besoin.

« Ce ne sont pas des enfants que l’on considèrerait comme étant ‘difficiles à atteindre’ ou appartenant à des populations mal desservies », reconnaît le Directeur de l’immunisation et des vaccins à l’OMS, Dr Jean-Marie Okwo-Bele. « Il est facile de faire progresser la couverture vaccinale rien qu’en s’occupant des enfants venant déjà dans les établissements de santé ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...