A Washington, l’ONU rappelle son rôle essentiel en matière de sécurité nucléaire

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Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, juste avant l'ouverture du quatrième Sommet sur la sécurité nucléaire (NSS) à Washington. Photo : ONU / Eskinder Debebe

A l’occasion d’un sommet consacré à la sûreté nucléaire dans la capitale américaine, deux hauts responsables de l’ONU ont insisté vendredi sur le rôle essentiel joué par l’Organisation en matière de sécurité nucléaire.

Dans une série de remarques prononcées dans le cadre du Sommet, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a mis l’accent sur le rôle essentiel joué par l’ONU en matière de sécurité nucléaire, notamment par le biais de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Le Secrétaire général était arrivé la veille, jeudi 31 mars, dans la capitale des Etats-Unis, où il devait participer à un dîner de travail organisé à la Maison Blanche par le Président Barack Obama, en préparation du quatrième Sommet sur la sécurité nucléaire (NSS) de vendredi.

Selon M. Dujarric, le Secrétaire général a insisté sur le fait que de nombreux États ne disposent pas de la capacité suffisante pour prendre les mesures qui s’imposent face aux menaces relatives à la sécurité nucléaire. Il a ajouté que, dans ce contexte, l’expertise, les conseils et l’assistance technique apportés par l’AIEA sont indispensables.

Le Secrétaire général a également mis l’accent sur l’importance de la résolution 1540 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui demande aux Etats d’empêcher la prolifération des armes de destruction massive, et de la Convention des Nations Unies pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, a ajouté M. Dujarric.

Après l’ouverture du Sommet, M. Ban a participé à un déjeuner de travail avec les participants, a précisé son porte-parole.

En marge du Sommet, le Secrétaire général s’est entretenu avec le Président français, François Hollande, notamment au sujet de la situation au Sahara occidental, a rapporté l’ONU dans un compte rendu de leur discussion.

Les deux hommes ont également échangé des vues sur la situation au Mali. M. Ban a remercié la France pour son soutien continu à la mise en œuvre de l’accord de paix dans le pays, pour la révision du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et pour son engagement sur les questions de l’insécurité et du rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays.

Le Secrétaire général a aussi remercié la France pour son soutien continu au gouvernement démocratiquement élu de la République centrafricaine (RCA), tout en soulignant la nécessité de maintenir l’attention internationale sur la situation dans le pays.

Concernant les allégations de fautes commises par des soldats de la paix en RCA, M. Ban et le Président Hollande se sont accordés sur la nécessité d’une enquête approfondie pour que les auteurs soient traduits en justice.

Le Secrétaire général a également rencontré le Président de l’Ukraine, Petro Porochenko, dont il a félicité le pays pour son importante contribution à la sécurité nucléaire mondiale.

En ce qui concerne le conflit en cours dans l’est de l’Ukraine, M. Ban a exprimé sa profonde préoccupation face à la précarité de la situation sécuritaire et a réaffirmé le besoin urgent d’une mise en œuvre intégrale des accords de Minsk.

Le Président Porochenko a de son côté donné au Secrétaire général un aperçu de la situation politique intérieure en Ukraine.

Participant également au Sommet à Washington, le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, a déclaré que son agence continuera à jouer un rôle de premier plan en tant que plate-forme mondiale pour le renforcement de la sécurité nucléaire.

Il a dans ce cadre appelé les Etats membres à faire une utilisation accrue des services de son agence.

Depuis 2010, a-t-il déclaré, l’AIEA a formé plus de 10.000 personnes dans la sécurité nucléaire, y compris la police et les gardes-frontières. L’agence a également donné aux pays plus de 3.000 instruments pour détecter les matières radioactives nucléaires et a réalisé environ 60 missions de conseil pour aider les États à améliorer leurs régimes nationaux de sécurité nucléaire.

M. Amano a notamment mentionné la base de données de l’agence, ‘Incident and Trafficking Database’, grâce à laquelle 133 pays signalent les incidents de trafic illicite et d’autres activités non autorisées impliquant des matières nucléaires et radioactives.

Près de 3.000 incidents ont été signalés depuis la création de la base de données en 1995, a-t-il précisé.

« Les Etats devraient faire un meilleur usage de cette base de données et signaler tous les incidents pertinents afin d’améliorer la compréhension globale de l’ampleur du problème », a-t-il ajouté.

M. Amano a par ailleurs souligné les capacités d’intervention d’urgence uniques de l’AIEA, dont le Centre de gestion des incidents et urgences peut devenir opérationnel seulement quelques minutes après qu’un État a signalé un incident lié à la sécurité nucléaire.

M. Amano a également attiré l’attention sur l’obligation des pays de partager toute information sur le sabotage et les menaces crédibles de sabotage nucléaire.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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