Yémen : l'ONU condamne les raids de la coalition mise en cause dans le « carnage » du marché de Khamis

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Les conséquences d'un bombardement aérien de la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen. Photo : Almigdad Mojalli / IRIN

Les Nations Unies ont condamné ce vendredi les raids aériens qui ont fait 106 morts dont 24 enfants mardi sur un marché au Yémen. Dans un communiqué rendu public aujourd'hui à Genève, le Chef des droits de l’homme de l'ONU a fustigé ce qu'il qualifie de « carnage » causé mardi par les frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite sur le marché de Khamis, au nord du Yémen. Zeid Ra’ad Al Hussein accuse cette coalition d’être « responsable de deux fois plus » de pertes civiles que toutes les autres forces présentes au Yémen où plus de 3.200 civils ont été tués en un an.

 

« La coalition dirigée par l’Arabie saoudite serait responsable de pertes civiles deux fois plus élevées que toutes les autres forces réunies, fait remarquer le porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville. Ces forces ont frappé des marchés, des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des usines, des réceptions de mariage – et des centaines de résidences privées dans des villages, des villes, y compris dans la capitale Sanaa.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, déplore que ces incidents terribles continuent de se produire avec une régularité inacceptable en dépit de nombreuses démarches internationales. En outre, malgré des promesses publiques d’enquêter sur de tels incidents, nous ne constatons toujours pas de progrès dans ces enquêtes ». 

D’après le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, ces raids aériens ont tué 106 civils, dont 24 enfants. Sur ce « carnage » de mardi sur le marché de Khamis (au nord du Yémen), les services du Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al Hussein ont indiqué que des membres de son bureau se sont rendus sur les lieux de l’attaque mercredi. « Le personnel des droits de l’Homme de l’ONU n’a pu trouver aucune preuve de tout affrontement armé ou objet militaire significatif dans le secteur au moment de l’attaque, au-delà de la présence d’un point de contrôle à quelque 250 mètres du marché », a souligné le porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, lors d'un point de presse ce vendredi au Palais des Nations à Genève.

Selon l’ONU, le conflit au Yémen a fait près de 6.300 morts, dont près de la moitié des civils (3.218), depuis l’intervention de la Coalition arabe dirigée par l'Arabie Saoudite en mars 2015.

(Extrait sonore : Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

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19/10/2017
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