Yémen : le HCR et l'OIM s'inquiètent du sort des 2,4 millions de déplacés

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De l'eau est apportée dans un camp de déplacés où vivent 200 familles qui ont dû fuir Saada, au Yémen. Photo OCHA/Philippe Kropf

De l'eau est apportée dans un camp de déplacés où vivent 200 familles qui ont dû fuir Saada, au Yémen. Photo OCHA/Philippe Kropf

Un an après le début du conflit armé au Yémen, plus de 2,4 millions de personnes ont été déplacées par les combats, dont certaines dans des zones difficiles d’accès en raison des combats, indique un nouveau rapport de l’ONU, publié mardi.

Le tout dernier rapport du groupe de travail spécial sur les mouvements de population, codirigé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), indique en effet que 2.430.178 personnes sont actuellement déracinées au Yémen.

Bien que ce chiffre représente une légère baisse par rapport aux 2,5 millions de personnes dont faisait état le précédent rapport du groupe de travail, publié en décembre 2015, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du Yémen reste toutefois extrêmement élevé, s’est inquiété un porte-parole du HCR, Leo Dobbs, lors d’un point de presse à Genève.

« Derrière les statistiques, il y a également le visage humain du conflit, la souffrance continue et les besoins croissants », a indiqué M. Dobbs. « La situation risque d’empirer, du fait de l’aggravation de la situation humanitaire et socio-économique, sans aucun règlement politique en vue ».

Le porte-parole a souligné que, selon le HCR et l’OIM, il est essentiel de maintenir l’accès humanitaire pour fournir des services de base aux déplacés.

« Nous implorons toutes les parties au conflit de permettre l’accès humanitaire dans les zones les plus durement touchées, où se trouvent la plupart des déplacés. C’est possible, car le mois dernier de l’aide a été livrée à Taëz », a-t-il dit.

Selon le rapport, les niveaux de déplacement ont augmenté dans des zones où le conflit a dégénéré, notamment dans les gouvernorats de Taëz, Hajjah, Sanaa, Amran et Sa’ada, où 68% des personnes déplacées ont trouvé refuge.

La ville de Taëz, dont certains quartiers sont assiégés depuis plusieurs mois, compte le plus grand nombre de déplacés (555.048 personnes, soit 23%), suivie de Hajjah (353.219), Sanaa (253.962), Amran (245.689) et Sa’ada (237.978), précise le rapport.

La plupart ont trouvé refuge chez des proches et des amis, dans des écoles, des bâtiments publics ou abandonnés, des abris de fortune ou en plein air, avec peu ou pas de protection, ajoute le document.

Malgré l’accès humanitaire sévèrement restreint et les contraintes de sécurité, M. Dobbs a précisé que les organisations humanitaires, telles que le HCR et l’OIM, ont été en mesure de fournir des articles de première nécessité et des abris d’urgence à plus de 740.000 déplacés.

Le Plan régional d’aide humanitaire pour les déplacés et réfugiés yéménites dévoilé à Genève le mois dernier, appelle à financer 1,8 milliard de dollars pour que plus de 100 partenaires humanitaires de l’ONU fournissent une assistance vitale à 13,6 millions de personnes dans le besoin.

Ce Plan est actuellement financé à hauteur de 2%, a précisé le porte-parole du HCR.

(Extrait sonore: Joel Millmann, porte-parole de l'OIM)

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20/10/2017
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