Une experte de l'ONU appelle les États à s'attaquer d'urgence au phénomène des sans-abris

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Des résidents d'un bidonville à Lagos, au Nigéria, dorment dans la rue après avoir été expulsés en septembre 2015. Photo: Sam Olukoya/IRIN

L’existence de sans-abris est une réalité dans tous les pays du monde, quels que soient les niveaux de développement, les systèmes économiques ou les régimes politiques, et c’est un phénomène qui croît en toute impunité, a mis en garde jeudi la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable, Leilani Farha, lors de la présentation de son dernier rapport au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève.

« Le phénomène généralisé des sans-abris est la preuve de l’incapacité des États à protéger et garantir les droits fondamentaux des populations les plus vulnérables », a déclaré Mme Farha, notant qu’il s’agit d’une des conséquences les moins étudiées de l’inégalité, de la pauvreté, et de la répartition non équitable des terres et des biens à l’échelle mondiale.

Dans son rapport, la Rapporteuse spéciale examine la façon dont l’exclusion liée au logement résulte de l’incapacité des États à répondre à la fois aux situations individuelles et à un éventail de causes structurelles.

« Les sans-abris sont le résultat de l’attentisme de l’État face à la spéculation immobilière et aux marchés non réglementés, qui découlent de la tendance à traiter le logement comme un produit plutôt que comme un droit humain », a déploré l’experte indépendante, dénonçant la stigmatisation sociale, la discrimination, la violence et la criminalisation dont sont victimes les sans-abris.

Qu’il s’agisse des personnes dormant dans la rue ou des familles vivant dans des logements de fortune, Mme Farha a souligné l’urgence de la lutte contre « l’invisibilité » de la question des sans-abris.

L’experte a ainsi exhorté tous les gouvernements à reconnaître ce phénomène mondial comme une crise des droits humains et à l’éradiquer d’ici à 2030, conformément aux nouveaux objectifs de développement durable de l’ONU.

« Les États doivent traiter des causes profondes du phénomène des sans-abris en définissant des stratégies nationales ancrées dans les droits de l’homme et le droit à un logement convenable », a souligné la Rapporteuse spéciale, notant que l’occasion leur sera offerte lors d’Habitat III, la Conférence mondiale sur le logement et le développement urbain durable, qui aura lieu du 25 au 27 juillet 2016 en Indonésie.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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18/10/2017
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