Un réfugié syrien sur dix aura besoin d’une réinstallation, prévient le HCR

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Des enfants syriens dans le camp de déplacés de Bab Al Salame,dans le gouvernorat d'Alep, près de la frontière avec la Turquie. Photo UNICEF/UNI156534/Diffidenti

A la veille d’une conférence de haut niveau sur les réfugiés syriens organisée à Genève par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), cette agence onusienne a prévenu mardi qu’un réfugié syrien sur dix aura besoin d’une réinstallation.

Cette conférence fait suite à la Conférence de Londres sur la Syrie en février, qui portait sur les dimensions financières de la crise humanitaire générée par plus de 13,5 millions de personnes dans le besoin en Syrie et les 4,8 millions de réfugiés qui se trouvent dans les pays environnants. La conférence de Londres portait également sur les besoins des communautés dans les pays hôtes.

La conférence de Genève intervient également avant le sommet sur les réfugiés qui se tiendra en septembre en marge de la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

« Les réfugiés qui arrivent en Europe après avoir fui le conflit et les violences sont porteurs d’un important message : remédier à leur détresse peut être non seulement la tâche des pays et des communautés localisées à proximité des guerres. C’est une responsabilité mondiale qui doit être largement partagée jusqu’au rétablissement de la paix », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, dans un communiqué de presse. « Donner au moins à certains réfugiés syriens la perspective d’une vie meilleure et soulager la charge des pays accueillant des millions de réfugiés sont des gestes importants de solidarité. Ne ratons pas cette occasion ».

La conférence du 30 mars se concentrera sur la nécessité de programmes pluriannuels élargis pour la réinstallation et d’autres formes d’admission à titre humanitaire, y compris de la part de pays n’ayant pas été engagés jusqu’à présent dans ce type d’initiatives.

La réinstallation n’est pas le seul objectif. D’autres voies légales comprennent le transfert ou les visas à titre humanitaire, le parrainage privé, l’évacuation sanitaire, le regroupement familial, les bourses d’études ainsi que des programmes pour l’apprentissage et le travail. L’événement sera également l’occasion de présenter des approches novatrices, de nouveaux partenariats, des études de cas réussis et, pour les gouvernements du monde entier, de trouver ensemble des solutions durables pour les réfugiés syriens.

Des représentants de quelque 92 pays, six organisations intergouvernementales, 14 agences des Nations Unies et 24 organisations non gouvernementales et trois autres institutions y seront présents. Parmi les intervenants figurent le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Des engagements pour des places de réinstallation supplémentaires et d’autres alternatives pour l’admission humanitaire devraient être annoncés mercredi, a précisé le HCR.

« Toutefois, étant donné le contexte international complexe d’aujourd’hui et avec la poursuite du conflit en Syrie, des places supplémentaires seront nécessaires au cours des mois et des années à venir, notamment pour répondre aux besoins des réfugiés les plus vulnérables et pour soulager la pression sur les pays voisins de la Syrie. Selon son expérience de situations de réfugiés dans d’autres régions, le HCR estime que près de 10% des 4,8 millions de réfugiés syriens entrent dans cette catégorie, et que bien plus de 450.000 places de réinstallation seront nécessaires avant la fin 2018 », a ajouté l’agence onusienne.

Dans le cadre de la conférence, la Directrice de campagne d’Avaaz, Alice Jay, remettra à Filippo Grandi une pétition comportant plus de 1,2 million de signatures en faveur des réfugiés.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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20/10/2017
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