Ukraine: conditions de vie inquiétantes dans l’Est en dépit d’une accalmie dans les combats

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Gianni Magazzeni, Chef de la branche des Amériques et de l'Europe au Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme interrogé par Alpha Diallo de la radio de l’ONU à Genève et la Radio Suisse Romande. Photo: ONU/D. Johnson

En dépit d’une accalmie dans les combats dans l’est de l’Ukraine, les heurts entre forces gouvernementales et groupes rebelles continuent de faire des victimes parmi la population civile. Et plus de trois millions de civils sont confrontés à des difficultés quotidiennes malgré la diminution des violences. Le nouveau rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme fait de « l'isolement physique, politique, social et économique » des civils sur la ligne de contact dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk. Et dans ces régions, les détentions arbitraires ou torture, les abus des droits humains se poursuivent.

 

En dépit d’une accalmie dans les hostilités, le conflit armé dans l’est de l’Ukraine continue à affecter de manière significative la population résidant dans cette zone. Dans les régions orientales contrôlées par les séparatistes, le nouveau rapport des Nations Unies pointe du doigt l’absence d’Etat de droit. Une vague d’arrestations a eu lieu récemment, sans que le Haut-Commissariat ne puisse avoir des informations sur le sort de ces personnes. Car contrairement aux sites du gouvernement, le Haut-Commissariat n’a toujours pas accès aux centres de détention préventive gérés par les séparatistes, dont le nombre de prisonniers n’est pas connu. « Nous pouvons nous attendre au pire », a fait d'ailleurs remarquer le Chef de la branche des Amériques, de l'Europe et de l'Asie centrale du Haut-Commissariat ce jeudi à Genève devant la presse.

Mais il y a des disparitions forcées des deux côtés. À cet égard, les forces gouvernementales sont aussi accusées de disparitions forcées, de détentions arbitraires ou de torture. Dans ces conditions, les services du Haut-Commissaire Zeid invitent les autorités à garantir des investigations rapides sur chaque violation. « La question des personnes disparues doit être clarifiée et d’autres actes de ce type doivent être empêchés », a souligné le Chef des droits de l'homme de l'ONU.

Sur le terrain, l'ONU note que de l’armement lourd continue d’être utilisé par les deux parties, même si ce type de munitions n’est pas majoritaire. Près de 80 civils ont été tués ou blessés en trois mois, essentiellement en raison de munitions qui n’ont pas explosé immédiatement. Au total, selon les estimations minimales, le bilan des victimes atteint plus de 30’000 combattants ou civils, dont plus de 9000 tués et plus de 21.000 blessés.

En conclusion, le Haut-Commissaire Zeid appelle à la mise en œuvre des accords de Minsk. Il a ajouté que l’application complète des accords de Minsk était cruciale pour résoudre la crise des droits humains en Ukraine, avec plus de 3 millions de civils vivant dans les zones de conflit et qui souffrent d’isolement et d’un sentiment d’abandon.

(Interview : Gianni Magazzeni, Chef de la branche des Amériques et de l'Europe au Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo et la Radio Suisse Romande)

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23/10/2017
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