Syrie : la quête de pays d’accueil pour un demi-million de réfugiés

Écouter /

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avec à sa droite Filippo Grandi, Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, à l'ouverture de la Conférence de Genève sur les réfugiés syriens (Photo: ONU)

L'Objectif de cette conférence de Genève est d'alléger le lourd fardeau des réfugiés syriens pour les pays limitrophes de la Syrie. Ce mercredi, il s'agit pour l'ONU de plaider auprès des représentants de plus de 90 pays pour leur demander de réinstaller chez eux dans les trois prochaines années environ 10% des réfugiés syriens, soit au moins 450.000 personnes. C'est la raison pour laquelle le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon a lancé un appel à la solidarité.

 

C'est l'histoire d'une réfugiée syrienne réinstallée à Toronto au Canada. Cet extrait du film témoigne de l'engagement affiché par Ottawa dans l'accueil des réfugiés syriens. C'est donc un hymne à la solidarité et un appel aux autres pays pour suivre l'exemple canadien. Et lors de cette conférence de haut niveau de Genève sur les réfugiés syriens, le Ministre de l’immigration, des réfugiés et de la citoyenneté du Canada a insisté aujourd'hui sur l'importance de donner à certains réfugiés syriens la perspective d’une vie meilleure dans son pays.

Les précisions de John McCallum, Ministre de l’immigration, des réfugiés et de la citoyenneté du Canada : « Nous continuerons à réinstaller les réfugiés en provenance de Syrie tout au long de 2016 et au-delà. D'ici la fin 2016, nous espérons avoir procédé à la réinstallation d'environ 44.800 réfugiés au Canada, dont la majorité, environ 30.000 proviendra de la Syrie. Cela représente une augmentation très importante par rapport à nos niveaux annuels de réinstallation durant les années antérieures, soit quatre fois ces niveaux ».

Outre le Canada, l’Allemagne, la Suède et la Norvège ont été aussi cités en exemple parmi les pays riches. Mais ce sont surtout les voisins de la Syrie qui ont fait preuve d’une hospitalité exceptionnelle.  Depuis le début de la guerre en 2011, le Liban a ainsi accueilli un million de Syriens, soit un habitant sur cinq. La Turquie plus de 2,7 millions, ce qui en fait le pays qui abrite le plus de réfugiés au monde. La Jordanie plus de 600.000. Ces trois pays ont dépassé depuis longtemps leurs capacités d'accueil.

D'où le plaidoyer de Saja Majali, Ambassadrice de la Jordanie à Genève : « Aucun pays à lui seul ne peut faire face à une crise de réfugiés surtout pour un pays qui a déjà reçu des réfugiés de longue durée. Les pays voisins ne peuvent non plus assurer à long terme la seule charge du problème des réfugiés. Plus que jamais, il est urgent d'assurer un partage équitable des responsabilités et qu'il y ait une vraie solidarité entre nous tous pour faire face à ces défis sans précédent de réfugiés. Une des manifestations de la solidarité internationale à l'égard des pays qui accueillent des réfugiés serait d'offrir des voies d'admission permettant à ces réfugiés de résider ailleurs dans le monde ».

Concrètement, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés réclame la réinstallation de 480.000 Syriens au cours des trois prochaines années. Soit un réfugié syrien sur dix. Dans ces conditions, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a plaidé pour « une hausse exponentielle de la solidarité mondiale ». De son côté, le Chef du Bureau de l'ONU pour les réfugiés a insisté sur l'extrême vulnérabilité des réfugiés dont des milliers vivent désormais sous le seuil de pauvreté. Filippo Grandi : « L'ampleur de cette crise nous montre qu'on ne peut pas appliquer les recettes habituelles. Les pays limitrophes de la Syrie ne peuvent pas assumer tout le fardeau de la crise syrienne. En outre, nous ne pouvons pas répondre à une crise de réfugiés globale en fermant des portes et en dressant des barrières.

C'est pourquoi, cette réunion nous donne la possibilité d'examiner de nouvelles initiatives novatrices pour aider les réfugiés à trouver la protection et la dignité dont ils ont besoin et de réaffirmer que les réfugiés constituent une responsabilité à partager. Nous avons la possibilité de nous fonder sur les partenariats existants et d'en créer de nouveaux afin d'avancer dans un esprit de solidarité avec de nouveaux objectifs ».

Plusieurs délégations ont rappelé l'urgence de trouver une solution politique au conflit qui est entré dans sa 6e année. En attendant, l'ONU plaide pour davantage de solutions pour les réfugiés syriens allant de la réinstallation à d’autres voies légales comme les visas à titre humanitaire, le parrainage privé, le regroupement familial ou des bourses pour les étudiants syriens.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève ; avec des extraits sonores de John McCallum, Ministre de l’immigration, des réfugiés et de la citoyenneté du Canada ; Saja Majali, Ambassadrice de la Jordanie à Genève ; et Filippo Grandi, Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
18/10/2017
Loading the player ...