Syrie: cessation des hostilités globalement respectée mais fragile

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Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, lors de son point de presse ce jeudi à Genève. UN Photo/Anne-Laure Lechat

De façon générale, la cessation des hostilités est globalement respectée en Syrie mais elle demeure fragile six jours après son entrée en vigueur samedi. Tel est le sentiment affiché par l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie au cours d'un point de presse ce jeudi à Genève. Pour donner une chance à cette trêve, Staffan de Mistura a précisé que ses services collaboraient avec les Etats-Unis et la Russie afin d’intervenir rapidement avec les belligérants. L'objectif est de s’assurer que toutes les parties sur le terrain désamorcent la situation en cas de reprise des combats.

 

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a estimé que le succès de la trêve n’était pas garanti, mais que des progrès étaient visibles, avant la tenue dans la journée d’une réunion du groupe de travail sur la cessation des hostilités ce jeudi au Palais des Nations à Genève.

« Cela fait six jours depuis l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités en Syrie, fait remarquer Staffan de Mistura.  Le niveau de la violence dans le pays a été fortement réduit. De façon générale, la trêve tient.  Malheureusement, nous devons aussi admettre que comme dans toute cessation des hostilités ou cessez-le-feu, et en particulier dans ce cas, il y a toujours certains endroits où les combats se poursuivent, notamment dans des zones à Hama, Homs, Lattaquié et Damas. Mais ces violences ont été contenues.  La cessation des hostilités et l’accès humanitaire sont extrêmement importants pour faciliter la crédibilité des discussions indirectes dès mercredi prochain à Genève.  Mais ils ne sont pas des conditions préalables.  Donc, la situation sur le terrain pourrait être résumée comme étant fragile. Le succès de la cessation des hostilités n’est pas garanti, mais des progrès sont visibles. Demandez aux Syriens ».

Cette cessation des hostilités a déjà des répercussions sur le plan humanitaire.  Le principal conseiller de Staffan de Mistura fait d'ailleurs état de progrès.  Près de 236 camions ont pu ainsi apporter de l’aide à 115.000 personnes au cours des trois dernières semaines. « Nous estimons que l’arrêt des combats va constituer une avancée importante pour atteindre beaucoup plus de gens. Des centaines de milliers de personnes vivent dans des zones difficiles d’accès ou dans des régions assiégées », a indiqué Jan Egeland. Au total, plus de 4 millions de personnes vivent dans des zones difficiles d’accès en Syrie, et un demi-million dans des zones assiégées.

Sur le front diplomatique, il faut rappeler que les pourparlers de paix intersyriens destinés à rétablir la paix en Syrie doivent reprendre le mercredi 9 mars à Genève.

(Extrait sonore : Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie)

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17/10/2017
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