Près de 87 millions d'enfants âgés de moins de sept ans n'ont connu rien d'autre que le conflit, selon l'UNICEF

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Un enfant atteint de malnutrition sévère dans un centre soutenu par l'UNICEF, à Juba, au Soudan du Sud. Photo UNICEF/Sebastian Rich

Plus de 86,7 millions d’enfants âgés de moins de sept ans ont passé leur vie entière dans des zones de conflit, ce qui pose un risque pour le développement de leur cerveau, s’inquiète le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dans un nouveau rapport.

Durant les sept premières années de la vie, le cerveau d’un enfant a la possibilité d’activer 1000 cellules cérébrales par seconde. Chacune de ces cellules, appelées neurones, a la faculté de se connecter à 10.000 autres neurones des milliers de fois par seconde. Les connexions du cerveau sont les éléments de base qui permettront de construire l’avenir de l’enfant en définissant ce que seront sa santé, son bien-être affectif et sa capacité d’apprentissage.

Les enfants qui vivent dans des zones de conflit sont souvent exposés à des traumatismes extrêmes qui leur font courir le risque de vivre dans une situation de stress toxique, un état qui inhibe la connexion des cellules du cerveau, cela avec des conséquences importantes qui pèseront tout au long de leur vie sur leur développement cognitif, social et physique.

« Outre les menaces physiques immédiates auxquelles sont confrontés les enfants pendant ces crises, ils courent également le risque de séquelles émotionnelles ancrées au plus profond d’eux-mêmes », a dit la responsable pour l’UNICEF du développement de la petite enfance, Pia Britto.

Les chiffres de l’UNICEF montrent que, dans le monde, un enfant sur onze âgé de six ans ou moins a passé la période la plus importante pour le développement de son cerveau dans une situation de conflit.

« Les conflits privent les enfants de leur sécurité, de leur famille et de leurs amis, du jeu et d’une routine. Pourtant, ce sont tous ces éléments de l’enfance qui donnent aux enfants les meilleures chances possibles de se développer complètement et d’apprendre de façon efficace, ce qui leur permettra de participer à l’économie et à la société et de bâtir des communautés fortes et sûres », a dit Pia Britto. « C’est la raison pour laquelle nous devons investir davantage pour apporter aux enfants et aux personnes qui les élèvent les produits et les services qui leur sont indispensables comme le matériel pédagogique, le soutien psychosocial et des espaces amis des enfants protégés ; ceux-ci sont capables de contribuer à rétablir, en plein conflit, le sentiment d’être un enfant ».

Un enfant naît avec 253 millions de neurones actifs mais le fait que le cerveau atteigne sa pleine capacité de fonctionnement à l’âge adulte avec environ un milliard de neurones capables d’être connectés dépend en grande partie du développement de la petite enfance. Celui-ci comprend l’allaitement au sein et la nutrition en bas âge, la stimulation précoce par les personnes qui élèvent des enfants, des possibilités d’apprentissage à un très jeune âge et une chance de grandir et de jouer dans un environnement sûr et sain.

Dans le cadre de son intervention lors d’urgences humanitaires et de crises prolongées, l’UNICEF s’efforce de maintenir les enfants dans des environnements amis des enfants en leur procurant des kits d’urgence contenant du matériel pédagogique et récréatif. Pour la seule année précédente, les kits d’urgence ont aidé plus de 800.000 enfants vivant dans des situations d’urgence.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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15/12/2017
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