Pourparlers de paix sur la Syrie: l’ONU presse les belligérants d’aller plus vite dans les négociations

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Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie lors d’une conférence de presse ce vendredi dans les bâtiments de l’ONU à Genève (Photo: ONU).

A l’issue d’une semaine de navette entre les belligérants syriens, l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a convenu qu’il existait toujours de profondes divergences entre les deux camps. Mais ces discussions indirectes de « proximité » ont clairement contribué à ce que le processus reste sur les rails, s’est félicité Staffan De Mistura.

Le diplomate italo-suédois a d'ailleurs indiqué avoir donné beaucoup de travail aux deux délégations pour le week-end afin que les négociations puissent avancer plus vite à partir de lundi prochain. Objectif affiché, avancer dans les discussions pour arriver à « une plate-forme » menant à des échanges plus poussés sur la transition politique.

 

C'est une première semaine difficile, mais cette semaine de pourparlers de paix est pleine de promesses. Après cinq jours intenses, l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a rencontré séparément les délégations de Damas et celle de l'opposition représentée par le Haut Comité des négociations (HCN). Au total, le diplomate italo-suédois aura rencontré chaque partie trois fois au cours de la semaine.

A chacun de ses entretiens, Staffan de Mistura a insisté sur la nécessité d’entrer dans le fond des discussions avec des propositions plus concrètes. A savoir les modalités de la mise en place d’une transition politique afin d’enclencher la sortie d’un conflit sanglant entré cette semaine dans sa sixième année.

A cet égard, le médiateur de l'ONU n'a pas caché qu'il a été impressionné par la préparation de l’opposition qui lui a remis un memo détaillé. Et il souhaite désormais obtenir « la même clarté de la part du gouvernement » afin de recevoir dès la semaine prochaine un document indiquant leur vision détaillée et la façon dont Damas envisage la transition politique.

« C'est toujours important de ne pas ignorer les procédures et pas oublier le fait que c'est important de les résoudre. Mais j'ai clairement dit à la délégation du Gouvernement que les procédures sont là. S'ils veulent, on va en parler, mais il ne faut pas éviter de toucher la substance.  Et à la fin pour la paix, les gens en Syrie n'ont pas besoin de procédures mais ils ont besoin de réalité. Et les Syriens nous attendent sur ça ».

Mais à l’issue d’un long entretien de trois heures vendredi avec Staffan de Mistura, la délégation de Damas répétait les contours de sa stratégie. Une stratégie réitérée lors d'une déclaration à la presse. Le chef de la délégation gouvernementale, l'Ambassadeur Bachar al-Jaafari a indiqué avoir soumis à l’Envoyé spécial de l'ONU des principes fondamentaux visant à faciliter une solution politique en Syrie.

Et pour les travaux prévus la semaine prochaine, Staffan de Mistura exhorte Damas à faire des propositions concrètes sur la transition politique en Syrie.

Par ailleurs, à coup sûr, il suivra sûrement de près le voyage du Chef de la diplomatie américaine à Moscou. Le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, réalisera en effet une visite officielle la semaine prochaine, en Russie, pour discuter de la crise syrienne.

Staffan de Mistura : « Il y a différents moyens de produire la paix. L'un, c'est la discussion à l'intérieur du Palais des Nations à Genève, l'autre, ce sont les discussions en dehors du bâtiment des Nations Unies. La preuve, c'est que Vienne a beaucoup aidé sur ce que nous faisons aujourd'hui. Munich a beaucoup aidé sur ce que nous faisons aujourd'hui.

Je pense que les réunions entre Messieurs Lavrov et Kerry sont cruciales parce que ça pourrait beaucoup aider à la phase trois, c'est-à-dire le moment dans lequel on va se rencontrer encore en avril. Tout ça n'est pas là par accident ».

Dans tous les cas, si le médiateur onusien convenait que le fossé entre les deux camps était «important», Staffan de Mistura ne cache pas son optimisme pour faire avancer ces pourparlers de paix inter-syriens.

Il faut juste rappeler que ces discussions indirectes de Genève, prévues pour se dérouler en trois sessions selon l’ONU, visent à mettre en œuvre une feuille de route prévoyant la mise en place d’un organe de transition syrien dans six mois, la rédaction d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections législatives et présidentielle dans 18 mois.

 

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec des extraits sonores de Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie)

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15/12/2017
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