Pourparlers de paix sur la Syrie: la transition politique, «mère des questions », réitère Staffan de Mistura

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L'Ambassadeur Bachar Al Jaafari, Représentant permanent de la Syrie auprès de l'ONU à New York au Palais des Nations à Genève en tant que Chef de la délégation gouvernementale à ces pourparlers intersyriens (Phot: ONU)

La transition politique en Syrie est « la mère de toutes les questions ». Ce message, Staffan de Mistura l'a réitéré ce lundi à la reprise des pourparlers de paix intersyriens après la pause du week-end. Cette mise au point intervient après la déclaration de la délégation gouvernementale qui a souligné qu'il était « prématuré » de parler de transition politique. « Mon message à l'Ambassadeur Bachar Al Jaafari a été : prématuré signifie imminent » a clarifié Staffan de Mistura lors d'un point de presse ce lundi soir à Genève.

 

Après un week-end de pause studieux, l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a repris ce lundi à Genève ses consultations dans l’espoir de trouver une issue politique au conflit syrien. Et pour cette deuxième semaine de discussions indirectes, Staffan de Mistura entend convaincre opposition et Damas à se mettre d'accord sur à quoi doit ressembler la Syrie de demain. Une façon pour le diplomate italo-suédois de rappeler que ces pourparlers de paix de Genève visent forcément à aboutir à la mise en place d'un organe de transition dans six mois, la rédaction d'une nouvelle constitution et la tenue d'élections législatives et présidentielle dans 18 mois. Mais il reste toujours des difficultés à surmonter, surtout des interprétations différentes sur ce que doit être l'organe de transition.

Sur ce point, le négociateur en chef de la délégation gouvernementale estime que la question du sort du président syrien Bachar al-Assad est « exclue » des pourparlers de paix sur la Syrie.  Selon l’ambassadeur syrien à l’ONU, Bachar Al Jaafari, le président Assad n’a rien à voir avec les discussions intersyriennes. A l’issue d’une nouvelle rencontre à Genève avec l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, Damas reste sur sa position et veut régler des détails sur les questions de procédure, non sans critiquer le fait que ce qu'il considère comme des terroristes font partie de la délégation de l’opposition.

A cet égard, Staffan de Mistura note que les organisations terroristes syriennes sont listées par le Conseil de sécurité de l'ONU et que le reste relève d'opinions personnelles ou gouvernementales. Il faut juste rappeler que le diplomate italo-suédois réclame aux deux parties des propositions concrètes, notamment sur « l’organe de transition ».

C'est la raison pour laquelle, le Médiateur onusien relève que Damas a déjà souligné qu'il est prématuré d'évoquer la transition politique. Or pour Staffan de Mistura, cette question reste sur la table des discussions intersyriennes de Genève. Une position réitérée depuis le début de ces consultations.  Cette question est « la mère de toutes les batailles » avait d'ailleurs averti Staffan de Mistura, bien conscient que de précédentes tentatives de négociations syriennes ont achoppé sur ce point.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo à Genève ; avec des extraits sonores de Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie et l'Ambassadeur Bachar Al Jaafari, Représentant permanent de la Syrie auprès de l'ONU à New York)

Classé sous L'info, Maintien de la paix.
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23/10/2017
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