L'ONU s'inquiète d'une possible exécution sommaire d'un Palestinien par un soldat israélien

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Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Rupert Colville. Photo: HCDH

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit préoccupé mercredi par ce qui semblerait être l’exécution sommaire d’un Palestinien par un soldat israélien en Cisjordanie occupée, le jeudi 24 mars, et a appelé les autorités israéliennes à veiller à ce qu’une enquête indépendante sur cet incident puisse aboutir.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par ce qui s’apparente à l’exécution sommaire d’un Palestinien en Cisjordanie occupée, le jeudi 24 mars », a déclaré à la presse le porte-parole du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Rupert Colville.

Selon le porte-parole, deux hommes palestiniens auraient poignardé et blessé un soldat israélien, jeudi matin, à un point de contrôle à Hébron, dans la zone de la ville contrôlée par Israël, et auraient tous deux été tués lors de cette attaque.

M. Colville a indiqué qu’une vidéo enregistrée sur place lors de l’attaque a par la suite fait surface, dans laquelle on aperçoit l’un des assaillants palestiniens présumés, depuis identifié comme étant Abd al-Fatah al-Sharif, blessé et couché au sol, mais toujours vivant. La vidéo montre également le personnel médical en train de porter secours au soldat israélien blessé, qui a ensuite été emmené dans une ambulance, sans qu’aucune assistance ne soit parallèlement fournie à M. al-Sharif, a poursuivi le porte-parole.

« La vidéo montre ensuite un soldat israélien tirer dans la tête de M. al-Sharif, provoquant sa mort. Ce qui est particulièrement effrayant, c’est la façon dont les quelques 20 personnes présentes, y compris le personnel médical, ne semble aucunement prêter attention à l’homme blessé alors qu’il était encore en vie et ne semble presque pas montrer de réaction juste après son assassinat », a déploré M. Colville.

« Nous notons les informations selon lesquelles les autorités israéliennes ont lancé une enquête sur cet incident très troublant. Nous notons également qu’ils ont arrêté le soldat impliqué dans la fusillade et qu’un tribunal militaire a commencé à l’interroger », a indiqué le porte-parole, tout en insistant sur la nécessité que cette enquête soit rapide, approfondie, transparente et indépendante.

M. Colville s’est dit préoccupé par la possibilité que ce meurtre ne soit pas un incident isolé.

« Un nombre inquiétant de Palestiniens – il y en aurait plus de 130 au total – ont été tués au cours des derniers mois pendant ou après des attaques contre des civils israéliens et des membres des forces de sécurité, au cours desquelles 28 Israéliens ont été tués », a-t-il souligné, ajoutant que cet incident n’est pas le premier à être enregistré dans une vidéo laissant penser à un usage excessif de la force.

Le fait que de tels cas ne semblent pas avoir systématiquement fait l’objet d’enquêtes criminelles est une source de préoccupation majeure, a ajouté M. Colville, surtout, a-t-il ajouté, s’agissant de possibles exécutions sommaires.

Il a donc appelé à ce que tous les cas où les forces de sécurité israéliennes ont causé la mort ou blessé des civils fassent l’objet d’une enquête afin que les responsables rendent des comptes si nécessaire.

« Nous tenons également à rappeler aux autorités israéliennes leur devoir de protéger l’homme qui a filmé l’incident depuis le toit d’un immeuble voisin. Certains rapports indiquent que lui et sa famille sont victimes d’intimidations, et qu’il a même été menacé de poursuites judiciaires. En tant que témoin clé du meurtre, il doit être protégé contre toutes représailles », a déclaré le porte-parole.

M. Colville a par ailleurs exhorté les autorités palestiniennes à prendre toutes les mesures possibles pour empêcher de telles attaques répréhensibles contre les Israéliens.

« Si les forces de sécurité ont le droit de se défendre et de défendre la population contre ces attaques, nous exhortons les autorités israéliennes à faire en sorte que tous les membres de leurs forces de sécurité respectent pleinement leur obligation d’employer la force avec retenue, et uniquement en cas de stricte nécessité, conformément au principe de proportionnalité, et qu’il leur soit constamment rappelé que tuer des personne qui ne présentent plus une menace immédiate est un crime et sera traité en tant que tel », a déclaré le porte-parole.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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