Le HCR propose un plan en six points pour tenter de résoudre la crise des réfugiés en Europe

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Le chef du HCR, Filippo Grandi (deuxième gauche) en visite à Lesbos, en Grèce, auprès de réfugiés et de migrants en février 2016. Photo HCR/Achilleas Zavallis

Avant une réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne avec la Turquie le 7 mars à Bruxelles, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a publié vendredi des recommandations visant à aider les États à résoudre la crise des réfugiés en Europe.

La situation se détériore rapidement avec plus de 30.000 personnes se trouvant aujourd’hui en Grèce, dont près de la moitié d’entre elles à Idomeni tout près de la frontière avec l’ex-République yougoslave de Macédoine. Bien que les autorités et les militaires grecs aient intensifié leur réponse, des milliers d’arrivants dorment en plein air sans installation de réception appropriée, ni services, ni aide, ni aucune information. Du fait de la montée des tensions, la situation pourrait dégénérer rapidement en une véritable crise. Le HCR soutient les efforts du gouvernement grec en déployant du personnel, en aidant à coordonner la réponse et en fournissant des abris d’urgence, un appui technique ainsi que des informations aux réfugiés et aux migrants.

Le plan comprend six points clés, à considérer comme des recommandations d’ordre général :

1) Mettre en œuvre pleinement l’approche des « centres d’enregistrement » et la relocalisation des demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie ainsi que parallèlement le retour des personnes qui ne sont pas éligibles pour bénéficier de la protection accordée aux réfugiés, y compris en vertu d’accords existants pour la réadmission.

2) Renforcer le soutien à la Grèce pour gérer la situation d’urgence humanitaire dans ce pays, y compris pour la détermination du statut de réfugié, la relocalisation, le retour ou la réadmission.

3) Assurer la conformité avec toutes les lois et directives européennes en matière d’asile entre les États membres.

4) Mettre à disposition davantage de voies légales et plus sûres pour que les réfugiés puissent rejoindre l’Europe dans le cadre de programmes facilités – par exemple les programmes d’admission à titre humanitaire, les soutiens privés, le regroupement familial, les bourses d’études et les programmes pour la mobilité de la main-d’œuvre afin que les réfugiés ne recourent pas à des passeurs ou des trafiquants dans leur quête de sécurité.

5) Protéger les personnes à risque, y compris par des systèmes de protection au bénéfice des enfants non accompagnés et séparés, des mesures pour prévenir et répondre à la violence sexuelle et sexiste, améliorer les opérations de recherche et de sauvetage en mer, sauver des vies humaines en luttant contre la traite d’êtres humains, la xénophobie et le racisme visant les réfugiés et les migrants.

6) Développer à l’échelle européenne des systèmes de responsabilité envers les demandeurs d’asile, y compris par la création de centres d’enregistrement dans les principaux pays d’arrivée et la mise en place d’un système pour que les demandes d’asile soient distribuées de manière équitable entre les États membres de l’UE.

Les propositions du HCR indiquent clairement que le partage équitable des responsabilités est essentiel pour parvenir à une solution gérée et ordonnée, et que les États membres de l’UE devraient accepter un système de pourcentages par Etat membre pour établir le nombre de demandeurs d’asile à accueillir.

(Extrait sonore:  Melissa Fleming, porte-parole du HCR)

 

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17/10/2017
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