Le Conseil de sécurité adopte sa première résolution pour mettre fin aux abus sexuels des soldats de la paix

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Le Conseil de sécurité a adopté vendredi une résolution, parrainée par les États-Unis,  sur les réponses à apporter face aux allégations et atteintes d'abus sexuel commis par les soldats de la paix des Nations Unies.

Quatorze pays ont voté en faveur de la résolution alors que l'Égypte s'est abstenue.

La résolution « fait sienne » la décision du Secrétaire général de rapatrier une unité militaire ou une unité de police constituée d’un contingent lorsqu’il existe des preuves crédibles de cas répandus ou systématiques d’exploitation et d’atteintes sexuelles commises par la dite unité. Celui-ci doit ensuite veiller à ce qu'il soit remplacé par un contingent d'un pays qui ait suivi les normes de discipline et donne suite aux allégations qu'aurait commis son personnel.

Entre autre, elle demande au chef de l'ONU de recueillir et conserver les éléments de preuve en prévision des enquêtes sur l'exploitation et les atteintes sexuelles dans les opérations de maintien de la paix, tout en comptant sur la sûreté, la sécurité et la confidentialité des données relatives aux victimes. La résolution demande aussi à l'ONU de venir en aide aux victimes, en réduisant au minimum les traumatismes, en leur facilitant des soins médicaux ainsi qu'un soutien psychologique.

Le texte exhorte tous les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police à prendre les mesures voulues pour traduire en justice les agents responsables d’exploitation et d’atteintes sexuelles, et à signaler exhaustivement et promptement à l’Organisation des Nations Unies les mesures prises.

La résolution demande également aux États Membres qui déploient des forces extérieures aux Nations Unies mais agissant sous mandat du Conseil de  sécurité de prendre les mesures voulues pour enquêter sur les allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles, d’en tenir les auteurs pour responsables et de rapatrier leurs unités lorsqu’il existe des preuves crédibles que des actes d’exploitation ou d’atteintes sexuelles ont été commis de manière généralisée ou systématique par ces unités.

Enfin, la résolution engage les instances compétentes des Nations Unies qui concernent les enfants, les femmes, la paix, la sécurité ainsi que la Haut-commissariat aux droits de l'homme, à continuer à inclure les allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles aux rapports qu’ils fournissent périodiquement au Secrétaire général. Elle lui demande d'informer immédiatement l'État membre concerné des allégations et d'améliorer l'échange interne d'information à cet égard.

Pour sa part, la France s’est félicitée de l’adoption de la résolution qui donne des directives claires à tous les acteurs — casques bleus, policiers, personnels civils et forces internationales, qu’il faut faire plus pour atteindre le nombre de zéro allégations.

“Rappelons-le encore une fois: les abus sexuels sont inadmissibles indépendamment de l’auteur et de l’origine de ces actes: militaires, policiers, personnel civil, onusiens ou non-onusiens, la couleur du casque ou de l’uniforme importe peu aux victimes”, a déclaré le Représentant permanent de la France, François Delattre.

A noter que 70% des allégations d’abus sexuel contre les Nations Unies en 2015 visaient des soldats de la paix.

(Extrait sonore : François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

 

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17/10/2017
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