Journée météorologique mondiale : «regardons l'avenir en face»

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Le fjord d'Ilulissat, au Groënland. Photo ONU/Mark Garten

Alors que la communauté internationale célèbre comme chaque année, le 23 mars, la Journée météorologique mondiale, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a rappelé mercredi que les effets du réchauffement de la planète n’épargneront personne et a encouragé les décideurs et tous les acteurs de la société à se préparer à un avenir plus chaud.

La Journée météorologique mondiale est consacrée cette année à ce qu’il faut faire pour se préparer à un avenir plus chaud, plus sec et plus humide. La Journée invite tout un chacun à « regarder l'avenir en face ». Selon l’ONU, le monde doit agir maintenant pour réorienter l’économie mondiale vers les activités à faibles émissions de carbone et renforcer la résilience face aux inévitables changements qui se profilent, en particulier dans les pays dont le développement n’est pas des plus avancés.

« En adoptant l’Accord de Paris sur l’évolution du climat, la communauté internationale s’est clairement et unanimement engagée à agir. Nous disposons déjà de bon nombre des connaissances et des outils dont nous avons besoin. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de prendre du retard », a dit Ban Ki-moon.

Les dirigeants du monde entier ont été invités à venir à New York le 22 avril pour y signer l’Accord de Paris, étape essentielle pour une ratification rapide.

Dans un rapport publié lundi dernier, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne que les changements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre observés en 2015 et depuis le début de l'année 2016 sont sans précédent.

« L'année 2015 restera dans les annales en raison des records de température qui ont été pulvérisés, de l'intensité des vagues de chaleur, du caractère exceptionnel des pluies, des ravages causés par la sécheresse et du profil inhabituel de l'activité cyclonique tropicale », a déclaré l'OMM dans un communiqué de presse annonçant la sortie du rapport. « Or les records continuent de tomber depuis le début de l'année 2016 », a ajouté l'agence.

La « Déclaration de l'OMM sur l'état du climat » est un rapport réalisé chaque année par l'agence afin d'offrir un état des lieux du système climatique mondial, concernant notamment les conditions atmosphériques et océaniques, le phénomène El Niño, les concentrations de gaz à effet de serre, les extrêmes régionaux, les cyclones tropicaux et la déperdition d'ozone.

L'édition 2015 de ce rapport a été publiée cette année de façon à coïncider avec la Journée météorologique mondiale, qui sera célébrée le 23 mars et aura pour thème, 'Plus chaud, plus sec, plus humide : regardons l'avenir en face'.

« L'avenir est à nos portes », a précisément déclaré le nouveau Secrétaire général de l'OMM, le finlandais Petteri Taalas, à propos des données présentées dans le rapport. « Le rythme inquiétant des changements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre que nous observons à l'heure actuelle est sans précédent depuis le début des relevés ».

Selon l'étude de l'OMM, la température moyenne à la surface du globe, supérieure d'environ 0,76 °C à la normale de la période 1961-1990 en raison d'un épisode El Niño intense et du réchauffement global d'origine anthropique, a « battu de loin » tous les records en 2015.

« A l'heure actuelle, la Terre est déjà plus chaude d'un degré Celsius par rapport au début du XXème siècle. Nous sommes à mi-chemin du seuil critique des 2 °C. Les plans nationaux déjà adoptés pour lutter contre les changements climatiques ne permettront peut-être même pas d'éviter une hausse de 3 °C, mais nous pouvons empêcher que se réalisent les scénarios les plus pessimistes en prenant, de toute urgence, des mesures radicales pour réduire les émissions de dioxyde de carbone », a appelé Petteri Taalas Taalas.

Parallèlement aux mesures d'atténuation, le Secrétaire général de l'OMM a jugé crucial de renforcer l'adaptation aux changements climatiques en investissant dans les systèmes d'alerte précoce aux catastrophes, ainsi que dans les services climatologiques, tels que les outils de gestion de la sécheresse, des inondations et les systèmes d'avis de vagues de chaleur et de veille sanitaire.

(Interview : Omar Baddour, chargé de la gestion des données climatologiques, de l'analyse du climat global, et de la coordination de la Déclaration mondiale sur le climat; propos recueillis par Jérôme Longué)

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18/10/2017
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