Journée contre la discrimination raciale : l'ONU appelle à défendre la diversité

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Des enfants de la ville du Cap, en Afrique du Sud dans les années 1980, quand les mariages inter-raciaux étaient illégaux dans le pays.

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné lundi la montée de l’intolérance et des opinions racistes dans le monde et a appelé à défendre la diversité et le pluralisme.

Proclamée par l’Assemblée générale en octobre 1966, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année le 21 mars, pour commémorer ce jour de 1960 où la police a ouvert le feu et tué 69 personnes, lors d’une manifestation pacifique contre les lois relatives aux laissez-passer imposées par l’apartheid à Sharpeville, en Afrique du Sud.

« Depuis la tenue, il y a 15 ans, de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance à Durban, en Afrique du Sud, il est indéniable que le monde a considérablement progressé pour ce qui est d’assurer l’égalité des droits et la non-discrimination », a salué M. Ban, ajoutant que les États Membres ont adopté de nouvelles lois, prévu des garanties et mis en place de nouvelles institutions qui ont pour vocation de promouvoir et de protéger les droits de l’homme.

Adoptés en 2001 par la Conférence mondiale contre le racisme, la Déclaration et le Programme d’action de Durban constituent les documents internationaux de référence de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance.

« Et pourtant, tout cela demeure fort insuffisant. Nous assistons aujourd’hui à une montée de l’intolérance, du racisme patent et de la violence motivée par le racisme », a déploré le chef de l’ONU, soulignant que le profilage racial et la violence à l’encontre de certaines communautés augmentent.

Le Secrétaire général a également noté que les difficultés économiques actuelles et l’opportunisme politique suscitent une hostilité croissante à l’égard des minorités et un ressentiment à l’égard des réfugiés et des migrants, qui se manifestent notamment par une intolérance à l’encontre des musulmans qui subissent des attaques et des actes de violence.

« Des partis politiques d’extrême-droite fomentent des dissensions et propagent des mythes dangereux. Des partis jadis centristes durcissent leurs positions; des pays autrefois modérés assistent à une flambée de la xénophobie ; des personnes naguère tempérées instrumentalisent les craintes, ce qui rappelle dangereusement les chapitres les plus sombres du siècle dernier », a condamné M. Ban, indiquant que tout cela ne fait qu’augmenter le risque de fracture sociétale, d’instabilité et de conflit.

« En cette époque tumultueuse, il nous faut défendre les droits et la dignité de tous ainsi que la diversité et le pluralisme », a appelé le chef de l’ONU. « Il nous faut dénoncer l’antisémitisme, l’islamophobie et les autres formes de haine. S’en prendre à une communauté minoritaire veut dire s’en prendre à tous ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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