Grèce : pour le HCR, les « hotspots » sont devenus des « centres de détention »

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Des réfugiés syriens à leur arrivée dans l’ile de Lesvos, en Grèce (HCR/A.Zavallis).

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a réitéré ses préoccupations face à l'application de l'accord passé vendredi dernier entre l'Union Européenne (UE) et Ankara pour renvoyer automatiquement en Turquie les migrants arrivant en Grèce. En plus d'exprimer ses réticences face à ce système, l'agence onusienne basée à Genève note que les « hotspots » accueillant les réfugiés en Grèce sont devenus des « centres de détention » à la suite de l'accord entre l'UE et la Turquie.

Le HCR a décidé de réduire certaines de ses activités dans tous les centres fermés sur les îles grecques. L'agence onusienne justifie cette décision « en vertu des nouvelles dispositions » qui font que « ces sites sont maintenant devenus des installations de détention ». En conséquence, et conformément à la politique des Nations Unies qui s'opposent à la détention obligatoire, le HCR a notamment décidé de suspendre le transport des migrants vers ces centres.

L'agence onusienne va toutefois maintenir ses activités d'information et de surveillance pour s'assurer que les droits des réfugiés soient respectés. Le personnel du HCR continuera par ailleurs à être présent sur le littoral et dans les ports grecs pour venir en aide aux migrants et pour les transporter, s'ils en ont besoin, vers les hôpitaux.

L'accord signé vendredi à Bruxelles prévoit le renvoi systématique de tous ceux, arrivés en Grèce après le 20 mars, dont la demande d'asile aura été refusée. Et que pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, un autre Syrien soit « réinstallé » dans l'UE, à hauteur de 72.000 places.

Selon les autorités grecques, les migrants resteront sur les îles, où ils sont désormais détenus dans les cinq « hotspots » existants (camps d'enregistrement et d'identification), dont la capacité doit être portée à 20.000 places contre quelque 6.000 actuellement.

En dépit de cet accord, 934 réfugiés ont débarqué depuis dimanche à Lesbos, première étape en Europe de l'exode migratoire, selon le HCR. Au total, 147.437 réfugiés (dont 49% de Syriens) sont arrivés en Grèce depuis le début de l'année.

(Interview : Céline Schmitt, porte-parole du HCR à Paris ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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08/12/2017
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