Europe : l’ONU met en garde l’UE contre les expulsions collectives de réfugiés

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein. Photo ONU/P. Albouy

Mardi dernier, c'est le Haut-Commissaire pour les réfugiés qui avait pris, en premier, ses distances avec ce projet d'accord UE-Turquie pour résoudre la crise des réfugiés en Europe. Filippo Grandi s’était alors inquiété du fait que le document prévoit de renvoyer tous les migrants vers la Turquie, y compris les demandeurs d’asile syriens. Ce jeudi, c'est au tour du Chef des droits de l'homme de dénoncer ces « expulsion collectives ». S'il a donné un satisfecit à l’Allemagne pour avoir accueilli près d'un million de migrants et la Grèce pour ces « efforts », le Haut-Commissaire Zeid a insisté pour tout renvoi de personne soit en conformité avec le droit international.

 

L’accord Turquie-Union européenne sur la crise des réfugiés en Europe continue de faire des vagues. Dernier épisode en date, cette sortie faite ce jeudi au Conseil des droits de l'homme à Genève par Zeid Ra’ad Al Hussein. Le Chef des droits de l'homme de l'ONU juge « illégales » les expulsions collectives de migrants figurant dans le projet d’accord entre Ankara et Bruxelles. Accord qui prévoit notamment de renvoyer les demandeurs d’asile syriens vers la Turquie. Selon Zeid Ra’ad Al Hussein, ce document soulève de graves inquiétudes.

« Parmi mes préoccupations, il y a les possibles expulsions collectives et arbitraires, qui sont d'ailleurs illégales. Des restrictions aux frontières qui ne prennent pas en considération le parcours de chaque individu violent le droit international et européen. Je suis également préoccupé par certaines mesures restrictives. Par exemple, des barrières sont érigées, des personnes se voient privées d'accès à des procédures individuelles, l'entrée est refusée à des personnes de telle ou telle nationalité ».

Le Chef des droits de l'homme de l'ONU a également dénoncé les dernières restrictions aux frontières imposées dans les Balkans, rendant la situation en Grèce « dramatique ». Il pointe ainsi du doigt l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et l’ancienne république yougoslave de Macédoine. Zeid Ra’ad Al Hussein a enfin fustigé les différentes mesures prises à l’encontre des réfugiés en République tchèque, en Hongrie, en Slovaquie et en Pologne. De façon générale, il s'est insurgé contre la montée « du racisme, de l’intolérance et de la xénophobie en Europe ».

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme)

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15/12/2017
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