Esclavage transatlantique : l'Assemblée générale rend hommage à la diaspora africaine

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Le mémorial sur l'héritage de l'esclavage au siège de l'ONU à New York. Photo : ONU/Devra Berkowitz

L'Assemblée générale, sous la présidence de Mögens Lykketoft, a célébré mardi la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le thème de la Journée cette année est « Rappelez-vous l’esclavage : célébration du patrimoine et de la culture de la diaspora africaine et de ses racines ».

Dans son allocution liminaire, Mögens Lykketoft a fait valoir que l'événement d'aujourd'hui donne l’occasion d’honorer les millions de femmes, hommes et enfants qui ont été victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. « Ce jour nous permet de nous rappeler l’un des chapitres les plus sombres de notre passé et de nous réengager à faire notre part pour éviter une répétition de ce fait historique odieux », a-t-il déclaré.

Le Président de l'Assemblée générale a estimé que tout en réfléchissant aux horreurs du passé, il importe également de faire face aux défis actuels et modernes posés par les nombreuses formes et manifestations de l’esclavage.

« Beaucoup trop de personnes innocentes, y compris de femmes et d'enfants souffrent à cause de l’indignité résultant de la traite des êtres humains et de l’exploitation sexuelle. En outre, de nombreux enfants continuent d’être exploités comme enfants travailleurs au lieu d’être est l’école», a déploré le diplomate et économiste danois. Il a observé que les défis contemporains de l’esclavage moderne et de la discrimination comprennent le racisme institutionnel, la discrimination fondée sur le sexe, l’inégalité sociale et économique, la haine et les préjugés ».

Prenant à son tour la parole, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a souligné que la Journée internationale offre l’occasion de se souvenir et de réfléchir sur l’une des injustices les plus effroyables de l’histoire humaine. La Journée engage également à honorer la mémoire de millions d’Africains expulsés de force de leurs familles, de leurs villages et de leurs terres. De plus, la Journée permet de mettre un coup de projecteur sur le racisme, malheureusement encore en vigueur dans les sociétés d’aujourd’hui.

Le Vice-Secrétaire général a, par ailleurs, déploré la persistance du travail forcé, du travail des enfants, du trafic humain et de la prostitution forcée, autant de violations graves des droits humains enracinées dans un manque flagrant de respect et de considération pour les autres êtres humains. Selon lui, ils sont un affront à la Charte des Nations Unies et sa réaffirmation de «la dignité et la valeur de la personne humaine ».

Jan Eliasson a fait remarquer qu'en cette année 2016, la communauté internationale célèbre la riche culture et le patrimoine de la diaspora africaine, se souvient de leurs racines, de leurs traditions et leur impact sur la vie des sociétés impliquées dans la traite des esclaves. Pour lui, les efforts persistants visant à dépouiller les Africains de leur identité et de leur culture ont échoué. Il n'y a qu'à voir l’héritage de l’Afrique dans l’art audacieux, dans la musique vibrante et dans la littérature qui influence la culture moderne du monde entier.

Le Vice-Secrétaire général a rappelé qu'en 2015, l’ONU a lancé la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine. Aussi, Jan Eliasson a-t-il demandé qu'en cette Journée internationale, tous les États Membres et la société civile s'engagent à faire en sorte que toutes les personnes d’ascendance africaine jouissent de l’égalité d’accès à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé, au développement et aux autres opportunités vitales.

En conclusion, Jan Eliasson a exhorté l'assistance et les visiteurs de l'ONU à se recueillir devant l'Arche du retour érigé l'an dernier, à l'extérieur de la grande salle de l'Assemblée générale, et à réfléchir à la part d’inhumanité et d'humanité qui réside en chacun d'eux. Mais aussi de répéter les passages de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui disposent notamment que «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits». «Toute personne a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne». Et que « Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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18/10/2017
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