Crise des réfugiés en Europe: l'ONU “profondément préoccupée” par l'ébauche d'accord UE-Turquie

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Un groupe de réfugiés afghans bloqués à la frontière entre l’ex-République yougoslave de Macédoine et la Serbie (20 février). Photo: ©UNICEF/UN010672/Georgiev

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit mardi préoccupé par l’accord ébauché lundi entre Ankara et l’Union européenne, qui prévoit notamment de renvoyer tous les réfugiés vers la Turquie, y compris les demandeurs d’asile syriens. L'inquiétude des services du Haut-Commissaire Filippo Grandi concerne « tout arrangement qui implique le retour généralisé de tous les individus d’un pays à l’autre sans avoir suffisamment énoncé les garanties de protection au bénéfice des réfugiés conformément aux obligations internationales ».

L’UE et la Turquie ont trouvé un accord de principe, lundi à l’occasion d’un sommet extraordinaire à Bruxelles, pour intensifier leur coopération afin de tarir pour de bon l’afflux des réfugiés sur les côtes grecques. Ils se sont donné dix jours, jusqu’à un autre sommet européen, les 17 et 18 mars, pour affiner les détails.

Le HCR a énuméré trois conditions préalables pour que les retours de demandeurs d’asile vers un pays tiers puissent être considérés conformes au droit international. « Un demandeur d’asile devrait être renvoyé vers un pays tiers seulement si la responsabilité d’évaluer la demande d’asile est assumée par le pays tiers; le demandeur d’asile sera protégé contre le refoulement; la personne pourra rechercher et, si elle est reconnue en tant que réfugié, bénéficier du statut de réfugié conformément aux normes internationales reconnues, ainsi que bénéficier d’un accès complet et efficace à l’éducation, au travail, aux soins de santé et, au besoin, à l’assistance sociale ».

Au sujet de la réinstallation, le HCR se félicite de toute initiative favorisant les voies régulières d’admission pour les réfugiés en nombre important vers des pays tiers depuis tous les pays voisins de la région – mais pas seulement depuis la Turquie ni seulement les réfugiés syriens. Selon cette agence des Nations Unies basée à Genève, les engagements de l’Europe pour la relocalisation demeurent très faibles par rapport aux besoins (à savoir 20 000 places pour les deux ans à venir sur une base volontaire).

La réunion de haut niveau sur le partage de la responsabilité globale par des canaux légaux pour l’admission des réfugiés syriens, qui se tiendra à Genève le 30 mars, sera une bonne occasion de mettre l’accent sur cet aspect important du partage de la responsabilité et nous espérons des engagements concrets.

(Interview : William Spindler, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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13/12/2017
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