Conseil des droits de l'homme : persistance des abus au Soudan du Sud

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Une vue de la Salle des Civilisations qui abrite les travaux du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève (photo: ONU/J. M. Ferré)

Les hostilités ont continué Soudan du Sud malgré l’accord de paix d’août 2015, en particulier dans les États d’Unity et du Haut Nil. La poursuite des violences est accompagnée de graves violations des droits de l’homme. Au conseil des droits de l'homme ce mercredi à Genève, le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme a indiqué que la violence et l’insécurité se sont même étendues dans la région d’Equatoria où un nombre croissant de groupes armés sont apparus en réponse à l’approche très militarisée de la sécurité adoptée par le Gouvernement. Selon Ivan Šimonović, chaque partie au conflit a commis des violations des droits de l’homme lorsqu’elle s’est emparée de portions de territoires préalablement sous le contrôle de l’autre partie.

« Ce conflit interminable au Soudan du Sud s'est traduit par des atrocités insupportables et des souffrances extrêmes, la destruction de villes et villages, l'assassinat de milliers de civils et des milliers d'autres menacés par la famine, fait remarquer M. Šimonović. Malgré les appels réitérés aux parties au conflit de mettre un terme à la violence et à punir les auteurs de telles exactions, nous n'avons aucune preuve d'efforts déployés par le Gouvernement ou l'opposition pour poursuivre et sanctionner ces graves abus dont certains peuvent être considérés comme des crimes internationaux.

Dans ces conditions, l’accord conclu en août dernier offre de nouveaux espoirs de justice et d’une cessation du long cycle d’impunité.  C'est pourquoi, nous demandons un soutien massif de la communauté internationale sur l'un des points de cet accord concernant la mise en place d’un tribunal pour traiter les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

Car le mépris de la vie humaine et une totale impunité des violations massives de droits de l’homme signalées dans le rapport requièrent une action urgente du Conseil des droits de l’homme ».

Les Nations Unies ont rappelé certaines des exactions de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) et ses milices alliées lors de leur offensive dans l’Unity au printemps 2015. Elles ont violé et enlevé des femmes et des jeunes filles, le viol étant aussi utilisé dans la cadre d’une stratégie visant à terroriser la population. En outre, selon les informations recueillies par la mission, il apparaît que les forces gouvernementales et leurs alliés ont, lors de la même offensive, commis des crimes de guerre en détruisant systématiquement des villages et parfois le bétail et les semences stockées.  Témoignages et images satellites corroborent l’idée d’une stratégie délibérée visant à priver les populations de ces régions de tout moyen d’existence.

Face à ce sombre tableau décrit par le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, le Ministre de la justice du Soudan du Sud a déploré que le rapport du Haut-Commissariat contienne des « approximations ». Paulino Wanawilla Unango a ajouté que le nombre des violations des droits de l’homme avait considérablement diminué depuis la signature de l’accord de paix d’Arusha.  Si la violence reste forte dans les zones mentionnées par le rapport, c’est que les groupes qui y opèrent n’ont pas signé l’accord de paix. Djouba estime qu’il faut faire avancer la paix et sanctionner les auteurs de violations des droits de l’homme.

Selon l'ONU, le Soudan du Sud est plongé dans une crise humanitaire profonde marquée par le déplacement de 1,6 million de personnes, dont 600 000 réfugiés dans les pays voisins.  Plus de 200 000 personnes déplacées vivent à l’intérieur de camps de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

(Extrait sonore : Ivan Šimonović, Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme)

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15/12/2017
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